BORDEAUX MÉTROPOLE : Transcub s’invite dans la campagne électorale

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Un accident bloque non seulement une rame mais surtout, toute la ligne. C’est la faiblesse du tram et des véhicules sur rail. Les statistiques sont mauvaises sur ces questions d’interruption du service.

La vieille association bordelaise, Transcub, fondée par DenisTeisseire, propose aux candidats aux prochaines municipales, une nouvelle voie. Un jeu de mot, puisqu’il s’agit des choix concernant le tramway et les autres modes de déplacement. Transcub s’alarme de l’échec de la politique passée qui a fait de Bordeaux une ville record pour les embouteillage, deuxième sur le podium français derrière Marseille. Pourtant les sommes dépensées sont conséquentes, et Transcub souligne que c’est dans les domaines où la Métropole a le plus dépensé que les résultats sont les moins bons. Un pavé dans la mare politique…

Le Tramway est-il dépassé?
Denis Teisseire résume sa position par la formule: « le Tramway a dépassé son seuil de pertinence ». Au delà d’une certaine taille, le réseau ne rend plus le service attendu de l’investissement. Le rendement des sommes engagées par la collectivité décroit, et d’autres solutions doivent être envisagées. Transcub estime que la deuxième phase a déjà été de trop et pointe le coût de la troisième: un milliard d’€. Une position qui ne manque pas de sel pour ceux qui se souviennent que c’est justement l’équipe de Transcub qui a obtenu l’abandon du projet de Métro Val au profit du tramway. Mais c’est un revirement qui n’est pas un reniement. Dès 1997, Transcub a demandé que le tram ne soit pas étendu, et que le réseau soit complété avec des bus ou des tram-bus. C’est tout simplement du réalisme (celui des chiffres de fréquentation et des coûts), et la préoccupation de la meilleure solution pour les bordelais. Ne pas faire du tram une religion, et apporter un service efficace au moindre coût est une sagesse qui n’est pas partagée par les politiques.

Un véhicule électoral!
Ce que pointe d’abord du doigt Transcub, c’est la logique politique des choix qui sont faits depuis des années par les élus de la Métropole. D’où le jeu de mot de l’expression employée par Transcub de « tramway, véhicule électoral ». Chaque élu local veut son tramway, sorte d’assurance de succès aux élections. Blanquefort l’a eu quand Feltesse était maire, Saint Médard va l’avoir, et Madame De François maire de Parempuire pleure à chaque Conseil de Bordeaux métropole pour l’avoir. Ces pesanteurs politiciennes pèsent lourdement sur des décisions qui ne devraient être dictées que par l’intérêt général.

La nouvelle voie!
Ce double constat, d’une part que le bilan est mauvais, et d’autre part que les modes de décision le sont aussi et qu’ils expliquent ce bilan, conduisent Transcub à interpeler les élus en leur proposant de prendre du recul, de la hauteur, du champ. Transcub propose qu’une étude « globale » sur la question des « mobilités » (en français classique des déplacements) soit confiée à 3 cabinets internationaux. Une façon habile d’éloigner la réflexion des clochers des communes de la Métropole, et aussi des intérêts des grandes société fournisseuses ou délégataires… Une façon aussi, peut-être, de sortir des solutions du passé (le rail, les bus…) et de permettre à cette occasion une réflexion sur ce que les avancées technologiques peuvent nous apporter.

Le poids de l’idéologie
Il faut saluer le courage de Transcub qui ose contester le tramway, qui plait tant aux bordelais au point d’être devenu une sorte de vache sacrée. Dans tous  les débats politiques il y a un poids énorme de l’idéologie. Dans leur très grande majorité les élus sont contre « la bagnole » pour les déplacements des bordelais (même si eux-mêmes se déplacent en voiture…). Tous veulent que leurs concitoyens se déplacent d’abord à pieds ou à vélo, c’est tellement meilleur pour la santé! Et cela en dépit des préférences et des conditions réelles des déplacements qui très souvent imposent la voiture. Et tous sont pour que le prix du ticket de bus ou de tram soit le moins cher possible. C’est à dire que le prix du trajet soit un faux prix, qui ne couvre qu’une partie du coût. Actuellement les recettes des tickets ne couvrent que moins d’un tiers des dépenses de transport en commun. C’est à dire que les assujettis à l’impôt payent le reste…

Interroger les candidats.

Transcub s’apprête à interroger les candidats sur leurs projets et bien sûr sur ses propositions d’association d’usagers. Nous sommes curieux des réponses qu’ils apporteront et nous les publierons. Comme Transcub, les assujettis qui, en plus des impôts, subissent les embouteillage au coût non chiffré, espèrent que les décisions qui seront prises seront rationnelles, allègeront la facture fiscale et amélioreront les conditions de déplacement. Les assujettis à l’impôt sont aussi des usagers et des électeurs qui seront attentifs aux réponses des candidats.

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