Bordeaux poubelles…

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Plastic waste dumping site

À cause de l’insécurité, ces habitants de Bordeaux voient leur quartier submergé d’orduresDepuis juin 2021, les éboueurs ne passent plus dans plusieurs rues du quartier Bacalan à Bordeaux après avoir été menacés par arme à feu par un riverain. Une situation intenable…

C’est un problème qui ne date pas d’hier. Depuis juin 2021, des habitants du quartier Bacalan à Bordeaux (Gironde) se plaignent de l’insalubrité de leur zone de résidence. Les éboueurs n’effectuent plus de collecte en porte-à-porte et les alentours des bacs placés aux entrées du quartier se transforment vite en décharges à ciel ouvert.

En cause, une agression survenue l’été dernier dans la Cité Peyronneaud, une des quatre impasses qui longent l’avenue de Labarde. Les éboueurs n’ont pas pu opérer leur tournée habituelle en raison d’un stationnement gênant.

L’équipe a donc klaxonné pour signifier le problème. S’en sont suivies des menaces de la part du propriétaire de la voiture mal garée, qui est allé jusqu’à sortir une arme à feu. Des faits qui ne sont pas sans rappeler ceux survenus à Eysines en janvier 2021.

« Ça a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase », explique Vincent Maurin, maire adjoint du quartier Bordeaux Maritime. Les éboueurs ont fait valoir leur droit de retrait en précisant qu’ils ne reviendraient pas dans ces rues tant que les problèmes d’incivilité ne seraient pas réglés, et que des infrastructures permettant de faire demi-tour en bout d’impasse ne seront pas installées.

Il y a un réel problème de fond, comme dans beaucoup de rues de Bordeaux. Il faut penser à la sécurité des riverains, en n’effectuant plus de marche arrière, mais aussi à celle des agents. Certains veulent aller dans ces quartiers, parce qu’ils savent très bien que les ordures doivent être ramassées, mais on ne peut pas mettre de voiture de police derrière chaque camion.

Sylvain Verney

Secrétaire général Force Ouvrière de Bordeaux Métropole

Car jusqu’alors, les camions effectuaient une marche arrière pour sortir de ces rues, manœuvre interdite avec ce type de véhicule par la réglementation 437, précise Sylvain Verney, secrétaire général Force Ouvrière à Bordeaux Métropole. « On a déjà eu affaire à des accidents assez compliqués avec des marches arrière de camions-bennes », continue-t-il.

Pour que les riverains puissent se débarrasser de leurs déchets, la mairie de quartier a fait installer des containers à l’entrée de la Cité Peyronneaud et de l’impasse Noël. « Ils ont tout de suite débordé, raconte Vincent Maurin, et des dépôts sauvages ont commencé à apparaître aux abords des bennes. » Désormais, une odeur nauséabonde remplit les rues, et les ordures jonchent le sol.

Ce phénomène n’est pas nouveau. Le maire adjoint explique : « À mon arrivée en juillet 2020, j’ai identifié 21 sites de dépôt sauvage dans le quartier de Bacalan, du rond-point de l’avenue de Labarde jusqu’au boulevard Alfred Daney. »

En renfort, des membres de l’association Bordeaux Services Solidarité passent chaque lundi pour ramasser les déchets des riverains, aux frais de la mairie. « Entre 600 et 700 kg », selon l’association. « Il ne s’agit là que d’une solution temporaire », précise Vincent Maurin, qui refuse que les citoyens « payent deux fois leurs impôts pour le même service ».

Alain Grandury habite dans le quartier depuis vingt ans. Sa maison, située au fond de la Cité Peyronneaud, est la plus proche de l’amoncellement d’ordures. Il raconte : « Mes deux chiens me ramènent 5 à 6 rats par jour. » À quelques années de la retraite, il est consterné face à la situation qui ne fait « que se détériorer » depuis quelques années. « Dans trois ans, je quitte le pays et je vends ma maison. Elle est estimée à 480 000 €, mais avec la dégradation du quartier, je ne pourrais jamais la vendre à ce prix-là. »

Il attend plus de considération de la part des élus. « Il n’y a pas que les ordures. Le nombre d’incivilités augmente aussi, l’insécurité. Tout part en vrille. »

Ce à quoi Vincent Maurin répond : « L’enlèvement va être fait dans les semaines, si ce n’est les jours qui viennent. Concernant les nuisibles, moins de déchets ménagers éparpillés sur la voirie devrait réduire leur nombre. »

Le maire adjoint a sollicité Bordeaux Métropole pour trouver des « solutions adaptées aux quatre impasses ». La collecte en porte-à-porte a pu reprendre début juin 2022 dans l’impasse Noël et l’allée de Vampeule. Une expertise est en cours pour élargir le fond du chemin Lagardère et permettre le passage des éboueurs avec une benne de taille réduite. 

Concernant la Cité Peyronneaud, la collecte en porte-à-porte devrait reprendre dès septembre 2022. Pour que cela se fasse dans les meilleures conditions, Vincent Maurin explique que la reprise va être précédée d’ « une préparation fin août » auprès des riverains, avec des médiateurs et des agents de proximité.

Une chose va peut-être aider : retarder de quelques heures l’horaire de collecte. C’est-à-dire l’effectuer entre 8 h et 9 h plutôt qu’à 6 h, afin d’éviter tout le trafic qu’il y a autour du marché de la drogue et qui se fait dans la nuit dans cette rue.

(Vincent Maurin) Voilà une déclaration hallucinante.

Enfin, il avance que la présence de la police « de manière régulière dans cette rue » est nécessaire, afin de sanctionner toute formation de dépôt sauvage, d’empêcher les stationnements gênants et toute autre incivilité. 

source : actu

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