BRICS, un petit pas pour eux, un effondrement pour nous !

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Le sommet des BRICS qui s’est tenu à Durban en Afrique du Sud du 22 au 24 août dernier semble avoir accouché d’une souris. Alors que quelques semaines auparavant l’on parlait de la création d’une monnaie commune et d’un nouveau SMI, nous n’avons eu droit qu’à un élargissement limité. Mais celui-ci ne risque-t-il pas à lui seul de bouleverser l’ordre mondial ?

Alors que 19 pays auraient souhaité intégrer l’alliance, seuls 6 d’entre aux seront les heureux élus au 1er janvier 2024. Il faut souligner tout d’abord que l’unanimité requise pour intégrer le club a posé quelques difficultés : l’Inde et le Brésil craignaient de perdre une partie de leur influence. De fait, cet élargissement limité permet de mener un changement en douceur.

L’intégration de l’Argentine permet au Brésil d’élargir l’influence du groupe vers l’Amérique Hispanique sans donner un ticket d’entrée au Mexique (l’Argentine ne pèse que 0,7 % du PIB mondial contre 1,8 % pour le Mexique qui est donc plus concurrent du Brésil avec 2,3 %). De même, l’Afrique du Sud élargie le champs du groupe vers l’Afrique Noire avec l’intégration de l’Ethiopie, évitant ainsi d’intégrer le vrai géant africain qui est le Nigéria (l’Afrique du Sud pèse 0,6 % du PIB mondial et le Nigéria 0,8 % alors que l’Éthiopie ne pèse que 0,2 %).

Mais l’essentiel des nouveaux États sont ceux du Proche-Orient : Égypte (1er pays arabe par sa population de 110 millions d’habitants) et contrôlant le canal de Suez par où passent les marchandises chinoises vers l’Europe, l’Arabie Saoudite (2éme pays producteur et exportateur net de pétrole), les Émirats Arabes Unis et l’Iran eux aussi gros exportateurs de pétrole. Cet élargissement permet d’inclure au sein du groupe le monde arabe et musulman qui n’était pas représenté au sein du groupe initial.

Le BRICS+, qui compte désormais 11 membres, renforce son assise : il représente 36,2 % du PIB mondial en PPA pour 31,7 % pour l’Occident (avec Australie et N-Z, sans le Japon et la Corée). Il représente surtout 43,9 % de la production industrielle mondiale contre 24,3 % pour l’Occident (là-aussi avec l’Australie et la N-Z, mais sans le Japon et la Corée).

Mais surtout, l’Alliance élargie représente, malgré l’absence d’un nouveau Système Monétaire et d’une nouvelle monnaie commune, une véritable menace pour le Dollar (et l’Euro !). Car sa production de pétrole représente 42,3 % de la production mondiale et surtout ses exportations représentent 52 % des exportations mondiales nettes (et 33,1 % des importations nettes avec la Chine pour 23,8 % et l’Inde pour 8,9 %).

Quand un groupe représente un tel poids dans les exportations et les importations nettes de pétrole, il n’a plus besoin d’utiliser le dollar comme moyen de paiement !

Et c’est là le principal problème pour les États-Unis. La fin du système du pétrodollar serait une catastrophe. Le dollar pourrait à terme s’effondrer littéralement et l’Euro aussi.

Si un tel scénario se concrétisait, ce serait une catastrophe pour les pays occidentaux ayant un fort déficit commercial, États-Unis, G-B, France, car ces derniers, ne pouvant plus payer leurs importations en monnaie de singe serait fortement bloqués : nous ne pourrions plus payer notre énergie (pétrole, gaz) et nos importations de produits manufacturés qu’en fonction de la valeur de nos exportations : un vrai effondrement de nos capacités d’achat.

Christophe Bugeau

 

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