Ce que dit de notre société la crise du coronavirus

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Ce billet s’inscrit dans le cadre de la libre expression que nous avons fixé pour ce blog, ouvert à toute les opinions structurées.

La crise du Covid-19 n’aura pas seulement fait ressurgir l’utilité des frontières nationales dans une époque où elles sont présentées comme de la xénophobie. On a ainsi multiplié les frontières à la porte de chacun d’entre nous et dans nos rapports à autrui dans les lieux publics, masques et « distanciation sociale obligent »… C’est surtout notre rapport névrosé à la mort qui se manifeste ici et qui doit être vu ailleurs dans le monde comme le principal signe de notre décadence ! Jamais les Occidentaux n’avaient manifesté une crainte aussi intensément révélatrice de leur mal-être collectif. 

La peur outil majeur de domination:

Au delà de la critique rationnelle des mesures de confinement dont on commence à percevoir la nocivité y compris médicale, ce qui frappe c’est la terreur qui a été instillée à la population et a permis de la réduire à un troupeau docile. La stratégie du choc décrite par Naomie Klein, ou par Noam Chomsky ( la Manipulation de la Peur) entretenue sciemment par des déclarations contradictoires ( vielle technique des régimes totalitaires) et la liturgie morbide et anxiogène du Pr Salomon tous les soirs a porté tous ses effets, relayée jusqu’au dégout par la presse serve. Il semble tout à fait pensable que cela résulte d’une stratégie délibérée, auquel cas ceux qui nous dirigent ne seraient pas les incapables que nouspensons? Mais ce serait donner corps au complotisme.

Rien de nouveau sous le soleil!

Il est vrai que les signes avant coureurs de cette situation ont été nombreux et analysés par de nombreuses personnalités. Louis Pauwels, en 1986 diagnostiquait déjà chez les jeunes un « sida mental« , fustigeait « les enfants du rock débile, ahuris par les saturnales de Touche pas à mon pote« . Ces déclarations firent scandale, qualifiées de « dérapage » elles lui valurent une disparition immédiate du paysage médiatique. En 1974, le grand écrivain et dissident Soljenitsyne dans son célèbre discours de Harvard intitulé « le déclin du courage » définissait avec une précision quasi chirurgicale le mal qui ronge l’Occident et qui entraîne finalement les mêmes conséquences que le système soviétique. Ce discours fit scandale! Plus loin encore en remontant le temps, il est utile de relire La Boetie et son « Discours de la servitude volontaire » L’originalité de la thèse soutenue par La Boétie est de nous démontrer que, contrairement à ce que beaucoup s’imaginent quand ils pensent que la servitude est forcée, elle est en vérité toute volontaire. Combien, sous les apparences trompeuses, croient que cette obéissance est obligatoirement imposée. Pourtant comment concevoir autrement qu’un petit nombre contraint l’ensemble des autres citoyens à obéir aussi servilement ? En fait, tout pouvoir, même quand il s’impose d’abord par la force des armes, ne peut dominer et exploiter durablement une société sans la collaboration, active ou résignée, d’une partie notable de ses membres. Cette évolution vers une dictature « douce » a déjà été évoquée par Aldous Huxley.

L’Occident mort de peur

Tout d’un coup, la plus riche et puissante civilisation de la planète est apparue fragile, chétive, traumatisée par une réalité pourtant inhérente à la vie. Le malaise a notamment pris la forme de mesures de confinement presque maladives, dans la perspective individualiste et à court terme qui est la nôtre. Comme l’a soulevé le philosophe Robert Redeker, l’Homo occidentalis aura choisi le suicide économique au lieu d’affronter la réalité de sa finitude. « La mise entre parenthèses de la liberté et les destructions imposées à l’économie signent la pathologie de ce retour du refoulé » (Marianne 21 Avril). Nous vivons dans des sociétés privées de leur vitalité. À quoi bon blâmer nos dirigeants pour des phénomènes qu’ils ont encouragés mais dont ils ont perdu le contrôle? Nos sociétés sont atomisées et désenchantées: ce sont les mêmes que Michel Houellebecq a dépeintes. Nous vivons dans des sociétés rongées par l’anxiété et la dépression, où des millions de gens se droguent légalement pour survivre ( la France est le plus gros consommateur d’anxiolytiques d’Europe). Nos pays sont atomisés par des intérêts syndicaux, professionnels, de classe et culturels liés à l’immigration de masse . Les prémisses en étaient déjà visibles dans les manifestations post attentats: bougies, fleurs, marches blanches, « vous n’aurez pas ma haine« . Et plus outre dans le grand travail de culpabilisation de l’homme blanc occidental, nouveau bouc émissaire porteur de tous les pêchés. Une civilisation abritant des nations aussi fragiles est inapte à faire la guerre et à traverser des crises plus importantes. D’abord la crise sanitaire du Covid-19 aura surtout été une crise civilisationnelle à l’Ouest du globe. Depuis déjà plusieurs années, les nations occidentales refusent de sacrifier des hommes dans les conflits armés: chaque mort est vue comme une tragédie à ne jamais répéter. C’est le résultat du manque de transcendance et de l’individualisme matérialiste forcené du « tout à l’ego » et de « l’homo festivus » de Philippe Murray: pourquoi se sacrifier s’il n’y a pas de but supérieur qui unifie la société et un corps de valeurs communes ?

La terre est trop basse !

Cet état d’esprit s’est incarné ces jours ci dans l’abandon de poste des deux tiers des candidats aux travaux de récolte indispensables en cette saison. De nombreux candidats renoncent au bout de 2 à 3 jours, au prétexte que c’est trop dur. Les mêmes sont capables de s’infliger des joggings sévères et des salles de sport où on s’éclate… Les travailleurs étrangers venant de pays où la vie est plus dure sont beaucoup plus endurants. « La terre ne ment pas » et nous révèle un état préoccupant de l’esprit public plus que d’un état de délabrement physique. On peut s’interroger sur la fréquentation massive des parcs et lieux de détente depuis le début du déconfinement, alors qu’il faut nous remettre au travail pour rétablir l’économie. De même les gazettes bruissent de la préparation des vacances comme si la crise n’avait été qu’une parenthèse ! Tout cela semble vraiment surréaliste alors qu’il faut s’attendre de façon certaine une crise sociale XXL. Les promesses d’argent magique à volonté ont anesthésié nos concitoyens, à leur décharge il faut dire que les grands médias diffusent une propagande bien huilée.

En guise de conclusion

Ces observations peu optimistes sont nécessaires car on ne peut élaborer un traitement efficace que si on a fait un bilan et compris les causes. Les raisons d’espérer sont immenses, si notre peuple arrive à sortir de sa léthargie et de sa peur. L’épisode des gilets jaunes a permis de constater qu’il y avait des anticorps efficaces dans la France périphérique, celle qui a tenu le coup pendant le confinement et évité le naufrage. Tous les ingrédients d’un changement profond sont présents. Reste, comme pour une réaction chimique, à trouver le catalyseur qui déclenchera la réaction. Les épreuves qui nous attendent vont permettre de reforger, de retremper les esprits ramollis par la pratique du « panem et circenses » . Mais rien ne sera possible sans un supplément d’âme!

Leonidas Martel

 

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