Interdiction de l’abaya : c’est pas gagné !

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La joie aura été de courte durée. Mais quand on y réfléchit on se demande : comment a-t-on pu y croire ? En effet alors qu’on devait interdire le port des tenues islamiques dans les établissements scolaires, on apprend que les élèves portant l’abaya y seront « accueillies » et qu’il faudra leur expliquer le sens de l’interdiction. Et comme elles se sont organisées pour une action de masse, le système risque d’imploser piteusement !

Combien de membres du « personnel éducatif » seront mobilisés, dans quels lieux, pendant combien de temps, pour justifier cette interdiction ? Ne faudra-t-il pas débattre en restant bien sûr aimable, disponible, ouvert, patient, avec « celles et ceux » qui ne respectent pas le règlement et dont la vindicte est bien connue ?

Combien de proviseurs devront s’abaisser à justifier le caractère laïque de l’enseignement public devant des auditoires goguenards ou agressifs qui se moquent de la laïcité quand ils ne la détestent pas viscéralement ?

Faudra-t-il, en restant toujours aimable, s’expliquer, se justifier devant des parents bornés, de mauvaise foi, procéduriers, violents? En cas de récidive ne faudra-t-il pas une nouvelle explication pour reculer le moment de la sanction (qui est « toujours un échec » pour les pédagogos).

Tous ces accommodements vont à l’inverse de ce qu’exige l’enseignement public laïque en perdition : il faudrait que les établissements soient des sanctuaires, et par là des foyers d’une possible reconquête des territoires et des esprits. Il faudrait qu’ils soient des lieux protégés de toute intrusion politique et religieuse : l’écologisme, l’antiracisme systémique, et bien sûr l’islam qui n’est pas l’idéologie totalitaire la moins agressive et la moins destructrice.

L’école publique s’est effondrée, et avec elle son caractère laïque, justement à cause du « dialogue » permanent avec les forces obscurantistes qu’on reçoit au sein des établissements, qu’on doit écouter, conformément aux injonctions du ministère et de la hiérarchie, consubstantiellement munichois : on l’a bien vu dans l’affaire Samuel Paty.

On ne discute pas, on ne négocie pas avec ceux qui ne jouent pas le jeu, ne respectent pas les règles de la laïcité et de la France (parce qu’ils ne veulent pas les respecter), les usages de l’école. Il faut protéger l’école, et avec elle tous ceux qui veulent apprendre, et, en particulier, ceux qui n’ont que l’école pour apprendre.

Accepter les élèves en abaya, le proclamer, mettre les personnels de direction dans l’obligation de dialoguer, c’est déconsidérer l’école, la laïcité, les lois et les règlements.

Nous voilà donc ramenés au « en même temps » qui détruit par lâcheté et esprit de collaboration la laïcité, l’école, la France.

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