La bombe financière des HLM : garanties d’emprunt de Bordeaux Métropole.

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La bombe financière des HLM

Bordeaux Métropole a voté le 25 octobre une nouvelle série de garanties financières en faveur de plusieurs sociétés HLM. Les garanties financières de Bordeaux Métropole garantissent les emprunts faits par ces sociétés pour construire des logements sociaux. Une action sociale, et positive, puisque cela va permettre d’augmenter l’offre de logements à des prix modérés. Oui. En première approche. Mais cette action, imposée par la loi, qui fixe un pourcentage minimum de logements sociaux dans les communes « en tension », n’a pas que des effets bénéfiques. Elle expose les collectivités locales à un risque financier majeur en cas de défaut de paiement des sociétés HLM.

Les élus ont voté 8 millions d’€ de garanties financières de plus à des sociétés HLM. La crise des sur-primes de 2008, aux USA, a démarré par la crise des banques qui finançaient le logement social. Le risque zéro n’existe pas, et si cette garantie de Bordeaux métropole est demandée et votée par les élus, c’est parce qu’elle peut-être activée… Bordeaux Métropole garantit déjà pour 3,3 milliards d’€ les sociétés HLM… une bombe à retardement.

Malgré les appels répétés à la prudence lancés par l’unique élu RN-Siel à l’assemblée métropolitaine, les élus de toutes les autres tendances ont voté ces 8 millions d’€ de garanties financières, pour des prêts dont la durée est supérieure à 40 ans. Non seulement la totalité des garanties est supérieure à 2 ans de budget, mais en plus elles engagent les petits enfants des contribuables. C’est absolument déraisonnable.

Si encore la politique de logements sociaux était efficace. Mais non. Les plus faibles et les plus démunis, ceux qui devraient être les premiers bénéficiaires de ces logements largement subventionnés, sont à la rue. Combien de personnes vivent dans leur voiture ? Combien d’étudiants bordelais ne trouvent pas à se loger ? Les élus acceptent que 80% de la population soient éligible à des logements sociaux, c’est à dire des règles d’accès qui ne sont pas adaptées. Personne ne songe à réformer ces modes de fonctionnement. Mieux, on retrouve dans les HLM toutes sortes d’habitants qui ne devraient pas y être. On se souvient qu’un premier ministre de Jacques Chirac, devenu maire d’une grande ville, logeait ses enfants dans le parc HLM de la ville de Paris… Quand l’exemple vient de si haut…

Le logement HLM un trou noir fiscal.

Comme l’a avoué le Président de la République, avec 40% du parc de logement HLM de toute l’Europe, la France est largement en tête du logement social administré par les pouvoirs publics européen. C’est en même temps un des pays où il y a les plus graves problèmes de logement. Une catastrophe sociale et financière. Ce qui n’empêche pas de poursuivre dans la même direction, avec toujours plus d’argent public. Les sociétés HLM ne payent pas de droits de mutation, pas de TVA, pas d’impôt foncier, bénéficient de prêts préférentiels, et ne payent pas, non plus, de frais d’hypothèque puisque les collectivités garantissent leurs emprunts. Ce sont des trous noirs fiscaux aspirant vers elles les ressources financières de la collectivité et privant, petit à petit, les collectivités locales de leurs ressources fiscales propres. Plus de logements sociaux, c’est moins de rentrées fiscales pour la Métropole. Une fuite en avant qui en elle-même est un germe de crise. Mais à cela s’ajoute le problème de fond : les loyers HLM, inférieurs au marché, sont de faux prix. Ils ne permettent pas aux sociétés HLM, malgré toutes les aides publiques qu’elles reçoivent, d’entretenir les immeubles. La conséquence, c’est la série de plans banlieues qui sont mise en oeuvre et qui se chiffrent en centaines de milliards d’€. Le système n’est pas soutenable, il n’est pas équilibré financièrement. Et en plus, par l’attractivité que représente la rente à vie que constitue un bail HLM pour son bénéficiaire, il bloque dans leur résidence des personnes qui déménageraient pour trouver du travail. Pour rien au monde un locataire HLM ne bougerait. Les 80000 demandes de HLM en instance dans la Métropole indiquent bien que le système est fou. Que nous courons à la catastrophe.

Le clientélisme et l’idéologie socialiste, toujours virulente, interdisent tout espoir de réforme. Il faudra une crise pour remettre de la raison dans ce secteur. Et cette crise quand on constate l’énormité des sommes garanties ne pourra qu’être violente et douloureuse.

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