La censure, les sanctions, le boycott ne servent à rien : CNews détrône BFMTV !

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Stupeur et tremblement dans l’univers télévisuel : comme le titre Le Figaro, « CNews devient la première chaîne d’info de France ».

Selon les chiffres de Médiamétrie, CNews est passé pour la première fois en tête des chaînes d’info au mois de mai, avec 2,8 % de part d’audience, contre 2,7 % pour BFM TV, champion jusque-là. C’est une vraie guerre de tranchée qui se livre depuis des mois : CNews est d’abord passé devant son principal concurrent plusieurs jours, puis plusieurs semaines, avant de se retrouver à égalité avec BMF TV au mois de décembre, puis au mois de mars. Cette fois, c’est l’audience mensuelle – importante et symbolique – que CNews brandit comme un trophée, relayée avec enthousiasme par ses journalistes sur les réseaux sociaux : ceux-ci sont enfin vengés des attaques, nombreuses, dont ils font régulièrement l’objet, parfois à titre personnel. Le public a tranché, le succès est là.

Contre-productif !

Les chœurs de pleureuses professionnelles et les postures de Jean Moulin en carton, les dénigrements et les intimidations, les commissions parlementaires et les procès staliniens, les brimades et les sanctions arbitraires, les censures et les boycotts n’ont servi à rien… Pire : il n’est pas interdit de penser que tout ce battage ridicule, ce mélange de fiel et de mauvaise foi monté en mayonnaise ont aidé la chaîne à progresser. Il est des boussoles qui montrent le sud et des anathèmes qui valent prescription. Un peu comme lorsque Télérama ou Libération étrillent un film : une incitation à aller au cinéma.

Le débat dans les médias ne devait avoir lieu qu’entre cinquante nuances de gauche : CNews a rompu cet accord tacite de l’entre-soi dogmatique et de la pensée unique qui tournent en boucle. Et son succès montre à quel point cette confiscation de l’information par un seul camp, omnipotent et se présentant comme omniscient – puisque prodiguant, pour chaque sujet, un prêt-à-penser -, était devenu insupportable pour nombre de Français.

Certains ont reproché à CNews son manque de pluralisme tout en refusant ses invitations et en enjoignant leurs petits camarades à les imiter. Un client peut-il accuser un commerce qu’il ne veut pas fréquenter de refus de vente ? Un patient reprocher à un médecin de ne pas l’avoir soigné s’il ne veut pas le consulter ? Les derniers en date, et les plus grotesques, sont bien sûr Marie Toussaint et Raphaël Glucksmann, absents au débat des têtes de liste aux européennes. Comme le petit lit blanc et l’assiette de soupe toujours chaude attendant l’enfant prodigue, le pupitre à leur nom avait été mis en place à côté de ceux des autres pour qu’ils puissent changer d’avis à tout instant. Mais leurs places sont restées désespérément vides, pour le plus grand bonheur de leurs concurrents qui ont pu se partager ce temps de parole supplémentaire que ces deux nigauds venaient de leur offrir sur un plateau d’argent. Valérie Hayer, elle, a accepté l’invitation pour, ensuite, cracher dans la soupe : lors d’un meeting, deux jours plus tard, à Aubervilliers, elle a qualifié le JDD, CNews et Europe 1 de « camp du mensonge ».

Trop de pluralisme !

C’est désormais très clair : ce n’est pas un manque de pluralité, que l’on reproche à CNews, mais, au contraire, un excédent. On ne lui pardonne pas certains invités infréquentables aux yeux de la gauche, qui parvenait jusque-là à les contenir dans la marginalité médiatique. Ses contradictions sont infinies : la gauche raffole de la diversité, sauf la diversité d’opinion. Elle prétend défendre les marginaux contre la bourgeoisie propre sur elle et refuse la porte de son salon médiatique à ceux qu’elle juge peu respectables, comme une douairière du XIXe.

Bien sûr, 2,8 % de part d’audience, à l’échelle du paysage audiovisuel français, ce n’est pas le Pérou. Mais c’est une lucarne, une brèche, un pied dans la porte d’un monde que l’on croyait blindée, verrouillée à double tour. Surtout (si la tendance se confirme), cette place de leader des chaînes d’information rendra très difficile une remise en cause en 2027.

Gabrielle Cluzel, Boulevard Voltaire

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