Les « jeunes » barbares…

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Mort d’Alisha : Deux adolescents condamnés en appel à 13 et 10 ans de prison pour assassinat et meurtre. Les deux adolescents avaient écopé d’une peine de dix ans de réclusion criminelle en première instance, en avril dernier.

La jeune Alisha, 14 ans, a bien été assassinée en mars 2021 à Argenteuil (Val-d’Oise) : la cour d’appel des Yvelines a condamné lundi ses deux anciens camarades de classe à 13 ans et 10 ans de prison, distinguant toutefois leur implication.

Le jeune auteur, âgé de 15 ans au moment du drame, a été condamné à 13 ans de réclusion criminelle, eu égard à « l’extrême gravité des faits » et des « éléments de personnalité », a déclaré la présidente dans un délibéré rendu publiquement, après un procès à huis clos.

Sa comparse, 15 ans également lors des faits, a écopé de 10 ans de prison pour meurtre sur mineur de moins de 15 ans, mais la cour d’appel a exclu la préméditation la concernant.

Debout dans le box, les deux jeunes ont écouté attentivement le délibéré, sans laisser transparaître d’émotions. Elle dans un pull bleu très ample, lui arborant une fine moustache et des cheveux noirs relevés en chignon, leur attitude juvénile tranchant avec cet instant de gravité dans une salle d’audience pleine.

« Vous avez abordé tous les deux un début de réflexion sur les faits que vous avez commis », a déclaré la présidente de la cour d’appel aux deux auteurs, les invitant à « poursuivre ce travail » pour « sortir de l’adolescence et devenir des adultes avec une place dans la société ». « Cela vous demandera des efforts, mais vous en êtes capables », a-t-elle ajouté.

En creux, ce drame porte également les conséquences de la défaillance des figures parentales, des parcours chaotiques et des enfances brisées, qui ont contribué à abattre la chaîne de valeurs grâce à laquelle sont censés se construire de jeunes gens, s’accordent les parties.

La cour d’appel a également souligné « le courage et la dignité » de la famille de la victime durant l’audience.

« Alisha elle a gagné aujourd’hui, on a gagné », a réagi sa mère, la voix tremblante, entourée de son mari, d’un de leurs fils et de nombreux soutiens. « Le pire pour nous, c’est qu’elle ne va jamais revenir, il faut vivre avec le fait qu’elle n’est pas là, mais eux ils vont payer, ils vont vraiment payer », a-t-elle confié. « Nous avons aujourd’hui tous ensemble restitué la véritable qualification à ces faits horribles », a déclaré Me Jean Tamalet, l’avocat de la famille d’Alisha.

« La peine de 13 ans est plus ou moins conforme pratiquement à ce qui a été prononcé en première instance donc ça reste sujet à discussion et à réflexion » d’un éventuel pourvoi en cassation, a de son côté glissé Me Frank Berton, l’avocat du jeune homme.

En avril dernier, le tribunal pour enfants de Pontoise (Val-d’Oise) les avait tous deux condamnés à la même peine, soit 10 ans de prison. Mais il avait requalifié les faits d’assassinat en meurtre, suscitant incompréhension et la colère de la famille de la victime. Le parquet avait immédiatement fait appel.

Les quatre journées de ce second procès ont permis d’affiner les rouages qui ont conduit à ce rendez-vous du 8 mars 2021, à l’ombre du viaduc de l’A15.

Invitée à s’y rendre par la jeune meurtrière, Alisha est frappée par surprise par l’autre auteur des faits, qui lui assène une pluie de coups sur le corps et la tête. Tandis qu’une péniche point sur le fleuve, les deux adolescents se saisissent du corps de la victime, encore consciente, et la jettent à la Seine. Elle périt noyée.

Aux yeux de la cour d’appel, la mort d’Alisha est imputable aux deux adolescents, qui ont agi in fine ensemble. Mais le jeune homme avait mûri et préparé son forfait, a-t-elle estimé.

Camarades de classe, ces élèves de troisième s’étaient pourtant liés d’amitié en début de l’année scolaire, au lycée professionnel privé Cognacq-Jay d’Argenteuil. Puis les embrouilles adolescentes, entre amourettes, jalousies et rumeurs, avaient dégénéré en bagarres et autre piratage du téléphone d’Alisha.

Face à cette escalade, l’établissement avait temporairement exclu les deux mis en cause pour le harcèlement de la victime. Ce qui n’a finalement pas suffi à enrayer ce funeste engrenage.

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