Le débat sur le cannabis est il biaisé ?

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Excellente tribune de Jean Costentin dans Boulevard Voltaire.

Après le scandale du non lieu de Kobili Traoré, l’assassin de Sarah Halimi, en raison d’une « bouffée délirante » cannabique, les partisans du cannabis devraient adopter le profil bas !

À l’Assemblée nationale, une mission parlementaire initiée par le député Olivier Véran, avant qu’il ne devienne ministre de la Santé, a été instituée pour faire la courte échelle au cannabis. Présidée par le député Robin Reda, (LR dissident), elle est vice-présidée par un député creusois, agriculteur, porte-parole de LREM, Jean-Baptiste Moreau. Sans s’interroger sur ses conflits d’intérêts, il veut faire de son département la figure de proue de la filière cannabique nationale et s’active pour créer les débouchés correspondants.

Cette mission comporte trois strates.

Celle du cannabis « thérapeutique ». Son intitulé est l’illustration parfaite d’une pétition de principe, puisqu’elle préjuge de l’activité thérapeutique qu’elle voudrait démontrer. L’essai conçu pour cela est inhabituellement médiatisé ; les patients sélectionnés entrent dans cette étude avec un conditionnement psychologique inhabituel. Il est inhabituel, aussi, qu’en cours d’étude, des patients expriment publiquement leur vive satisfaction. Inhabituel, encore, le fait que l’essai thérapeutique soit décidé et organisé par la représentation nationale. Nos députés n’ont peut-être pas assez de sujets de leur ressort à traiter. Cet essai comporte plusieurs originalités (durée d’emblée limitée à deux ans ; nombre de patients restreint à 3.000 pour explorer 5 indications différentes, avec 3 formes galéniques différentes ; affranchissement d’exigences telles la présence d’un placebo et celle d’un médicament comparateur de référence ; modalités d’évaluation du rapport bénéfices/risques non précisées). Les résultats qu’ils voudraient obtenir semblant déjà écrits, pourquoi s’embarrasser de ces impedimenta. D’ailleurs, sans attendre les conclusions, pour forcer le destin, certains veulent déjà lancer la filière agricole cannabique française.

Celle du cannabis « de confort ». Elle concerne le cannabidiol (CBD) innocenté du discrédit qui pèse sur le principe psychotrope majeur du cannabis, le tétrahydrocannabinol (THC). Ce CBD chimiquement très proche du THC, pris par voie orale, est pour partie transformé par l’acidité gastrique en THC. Néanmoins, il est présenté comme dénué des effets psychotropes de ce dernier. Malgré l’invraisemblable liste des effets pharmacologiques qui lui sont prêtés, tout est fait pour n’en pas faire un médicament, échappant ainsi aux exigences correspondantes. Des boutiques se sont ouvertes pour le vendre, certaines ont été fermées, leur CBD comportant du THC, mais grâce à la législation européenne (exit la subsidiarité) ces boutiques vont être légalisées, d’autant qu’une publicité débridée a suscité l’appui d’un large public.

Celle du cannabis « récréatif ». Ayant anesthésié les citoyens crédules par les subterfuges précédents, ces députés qualifient cette drogue de « récréative » en dépit des multiples drames déjà collectionnés par un million et demi de consommateurs, qui seront beaucoup plus nombreux en cas de légalisation : crétinisme ; dépressions et suicides ; bouffées délirantes (comme dans l’assassinat de Sarah Halimi) ; schizophrénie avec leurs 10 % de morts brutales ; accidents routiers et professionnels ; perturbations de la grossesse et des enfants qui en naîtront ; effets épigénétiques obérant l’existence des enfants dont les parents ont consommé cette drogue ; escalade vers des drogues encore plus détériorantes ; toxicité physique supérieure à celle du tabac que l’on voudrait éradiquer (du fait de ses 75.000 décès annuels). Où est la récréation, dans ce terrible bilan ?

Pour diluer leur responsabilité, nos députés ont lancé une « consultation citoyenne » afin de recueillir les avis de nos concitoyens sur la légalisation, sans qu’ils disposent d’informations sérieuses sur les dangers du cannabis, ayant encore pour beaucoup l’idée fallacieuse d’une « drogue douce ». Cette consultation « bidon » fut un « bide ». Sans se le tenir pour dit, ils proposent un référendum, comme si, dans le déclin ambiant, que cette légalisation aggraverait, il n’y avait pas de sujets plus urgents et plus importants à faire trancher par ce mode exceptionnel d’arbitrage démocratique.

Cette « mission » véhicule des relents de tromperies, de bêtise, de mercantilisme, d’idéologie « soixante-huit tarée », de démagogie, d’incohérence. Si « le pire n’est jamais sûr » avec cette façon d’exercer leur mandat, d’aucuns font craindre qu’il devienne certain.

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