Quand les attentats islamistes deviennent des faits divers

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Le 10 mai 2022, Alban Gervaise était poignardé devant un collège à Marseille. Quelques jours plus tard, le 27 mai, il décédait de ses blessures. En dépit de sa revendication islamiste, cette agression a été classée dans la catégorie « Faits divers » par plusieurs médias. Le terrorisme islamiste serait-il banalisé à ce point qu’il faudrait en ranger les manifestations à côté des accidents de la circulation et des chiens écrasés ?

Analyse de ce tour de passe-passe médiatique .

Rubrique « faits divers »

Le 27 mai, l’annonce du décès du père de famille agressé au couteau le 10 mai devant un collège de Marseille est, dans de nombreux médias, tout en retenue…

Dans la rubrique « Faits divers », le journal Le Point nous donne le 27 mai l’information suivante : « Marseille : décès du parent (NDLR parent 1 ou parent 2) agressé au couteau devant l’école de ses enfants ». La lecture de l’article nous apprend que « la piste terroriste avait été écartée (…). Des témoins ont rapporté que le suspect a dit avoir agi au nom de Dieu, qu’il était très agité et avait tenu des propos délirants, appelant à Dieu et au diable ». L’article apporte d’autres précisions sur l’agression : la victime est un médecin militaire. Par ailleurs , « des sources policières locales s’étonnent alors que l’acte terroriste n’ait pas été retenu, au regard du profil de l’agresseur de nationalité française ».

Même classement dans la rubrique « Faits divers » par la radio d’État France Info dont le titre de l’article informant du décès de la personne agressée est à peine différent :

« Marseille : le parent d’élève agressé au couteau devant un collège est mort ». On apprend que « l’assaillant présentait “un état de santé psychiatrique problématique ».

Rapidement, le ministre des armées publie sur Twitter un communiqué de presse dans lequel il exprime ses condoléances à la famille du défunt et annonce qu’une information judiciaire est en cours qui « permettra de faire toute la lumière sur ce drame ».

Le lecteur qui ne s’informe que dans les médias de grand chemin en conclut que nous sommes en présence d’une nouvelle agression par un individu aux motivations religieuses, qui a plus sa place dans un hôpital psychiatrique que dans les rues de la cité.

Une version non édulcorée des faits

Le site Actu17 a donné le 10 mai une version sensiblement différente des faits. L’information est dès le titre beaucoup plus précise : « Un père de famille poignardé à la gorge devant un collège catholique, l’agresseur interpellé ». On apprend en poursuivant la lecture de l’article que « la victime aurait reçu plusieurs coups de couteau et a été touchée au niveau de la gorge selon nos informations ». Mais surtout, « cet homme qui serait âgé de 23 ans aurait crié avoir agi “au nom d’Allah” d’après une source proche de l’affaire ».

Sur Twitter, Loulou fait un résumé de ce qu’il faut désormais appeler un meurtre :

« Un père de trois enfants poignardé devant ses enfants par un islamiste nommé Mohamed au cri “d’Allah Akbar” est mort. ».

L’internaute aurait pu préciser que cette agression a été perpétrée devant un collège catholique, ce qui n’est pas un détail anodin au regard de la revendication islamiste du geste par son auteur.

La banalisation de l’islamisme meurtrier

Alors que France Info et Le Point se sont dans le titre de leurs articles focalisés sur l’arme utilisée pour présenter les circonstances de l’attentat, Actu17 est beaucoup plus prolixe tant sur le « mode opératoire » particulièrement abject de l’agresseur que sur sa motivation islamiste.

Le site Fdesouche fait à ce sujet le constat que de nombreux titres de presse ont remplacé la revendication du geste par son auteur au nom d’« Allah » par « Dieu », ce qui revient à occulter la motivation islamiste de l’assaillant.

Outre la déformation des faits, c’est aussi leur minoration dans la hiérarchie de l’information qu’il faut souligner. Comme un récent article du site Polémia le soulignait récemment, nombreux exemples à l’appui, les manifestations plus ou moins violentes de l’islamisme semblent depuis quelques temps avoir déserté les grands titres des journaux d’information. La liste des agressions au cri de « Allah Akbar » qui figure dans l’article ne cesse pourtant de s’allonger.

Que ces agressions relèvent de la psychiatre ou/et de motivations religieuses sincères, elles présentent la caractéristique commune d’invoquer l’islam. Leur multiplication devrait amener à dépasser le singulier pour les appréhender comme un phénomène collectif, à les analyser comme tels et à tenter d’éviter leur répétition.

Or, force est de constater qu’il n’en est rien. Les médias de grand chemin ont placé la guerre en Ukraine au centre de l’actualité médiatique et relégué au second plan les autres sujets. La haine de certains individus pour la société française est un sujet tabou, comme si en parler suffisait à aiguiser les conflits entre « communautés ».

Chacun peut constater que des sujets aussi importants que l’incarcération effective des délinquants, la déchéance de nationalité de ceux qui affichent une haine envers la France et l’effectivité de l’expulsion des étrangers – a fortiori délinquants — en situation irrégulière n’ont pas été ou peu abordés lors de la campagne des élections législatives. Désormais, les agressions commises au nom de l’islam ne sont plus que des « faits divers ». Circulez, il n’y a rien à voir.

Isabelle Surply commente sur Twitter :

Qualifier un #attentat au couteau devant une école primaire de « fait divers » est une honte. Les enfants d’Alban n’ont plus de père. Mohamed, lui, est toujours vivant et toujours connu des services de police. Rien n’a changé. »

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