Salman Rushdie égorgé !

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Salman Rushdie poignardé : l’écrivain placé sous respirateur, «les nouvelles ne sont pas bonnes»L’auteur des «Les Versets sataniques», ouvrage qui lui avait valu une fatwa en 1989, a été poignardé au cou (égorgement) et à l’abdomen vendredi lors d’une conférence dans l’Etat de New York. Son agresseur a été arrêté.

Salman Rushdie, auteur des « Versets sataniques » et cible depuis plus de 30 ans d’une fatwa de l’Iran, a été placé sous respirateur après avoir été poignardé vendredi au cou et à l’abdomen dans l’État de New York par un homme qui a été arrêté.

« Les nouvelles ne sont pas bonnes », a déclaré vendredi soir au New York Times l’agent de l’écrivain britannique, Andrew Wylie.

« Salman va probablement perdre un œil, les nerfs de son bras ont été sectionnés et il a été poignardé au niveau du foie », a détaillé M. Wylie en précisant que M. Rushdie, 75 ans, avait été placé sous respirateur artificiel.

Immédiatement après son agression, sur l’estrade d’un amphithéâtre d’un centre culturel à Chautauqua, dans le nord-ouest de l’État de New York, Salman Rushdie a été transporté en hélicoptère vers l’hôpital le plus proche où il a été opéré en urgence, a précisé devant la presse le major de la police de l’État de New York, Eugene Staniszewski.

Salman Rushdie s’apprêtait à donner une conférence littéraire dans cette petite ville située à 100 km de Buffalo, près du lac Erié qui sépare les Etats-Unis du Canada. Carl LeVan, professeur de sciences politiques, était dans la salle, et a raconté au téléphone à l’AFP qu’un homme s’était jeté sur la scène où M. Rushdie était assis pour le poignarder violemment à plusieurs reprises.

L’animateur de la conférence, Ralph Henry Reese, 73 ans, a, lui, été « blessé légèrement au visage ». L’agresseur a été aussitôt arrêté et placé en détention, l’agent Staniszewski révélant qu’il s’appelait Hadi Matar, 24 ans, originaire de l’Etat du New Jersey.

On ignore encore ses motivations et donc l’existence d’un lien avec l’appel au meurtre dont Rushdie faisait l’objet. Il n’empêche, Salman Rushdie est un symbole et la nouvelle de son attaque a suscité une vive émotion et d’innombrables réactions indignées.

Né le 19 juin 1947 à Bombay, deux mois avant l’indépendance de l’Inde, élevé par une famille d’intellectuels musulmans non pratiquants, riche, progressiste et cultivée, il avait embrasé une partie du monde musulman avec la publication des « Versets sataniques », conduisant l’ayatollah iranien Rouhollah Khomeiny à émettre en 1989 une « fatwa » demandant son assassinat.

L’auteur avait été contraint dès lors de vivre dans la clandestinité et sous protection policière, allant de cache en cache. Il affronte alors une immense solitude, accrue par la rupture avec sa femme, la romancière américaine Marianne Wiggins, à qui « Les versets… » sont dédiés.

Vivant discrètement à New York, Salman Rushdie – sourcils arqués, paupières lourdes, crâne dégarni, lunettes et barbe – avait repris une vie à peu près normale tout en continuant de défendre, dans ses livres, la satire et l’irrévérence.

Mandatory Credit: Photo by DAVID HARTLEY/REX (10442337u) Sir Salman Rushdie The Cheltenham Literature Festival, UK – 12 Oct 2019/Rex_The_Cheltenham_Literature_Festival_UK_1_10442337U//1910122001

Mais la « fatwa » n’a jamais été levée et beaucoup de traducteurs de son livre ont été blessés par des attaques, voire tués, comme le Japonais Hitoshi Igarashi, victime de plusieurs coups de poignard en 1991.

« Son combat est le nôtre, universel », a lancé sur Twitter le président français Emmanuel Macron assurant être « aujourd’hui, plus que jamais, à ses côtés ».

Le Premier ministre britannique Boris Johnson s’est de son côté dit « atterré que Sir Salman Rushdie ait été poignardé alors qu’il exerçait un droit que nous ne devrions jamais cesser de défendre », en allusion à la liberté d’expression.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a déclaré via son porte-parole être « horrifié » par l’attaque, ajoutant « qu’en aucun cas la violence était une réponse aux mots ».

L’association de défense des écrivains dans le monde, PEN America, était aussi « sous le choc » en révélant que vendredi matin M. Rushdie leur avait proposé son « aide pour des écrivains ukrainiens ».

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