Un métro à Bordeaux ?

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Bordeaux Métropole lance une étude sur la faisabilité d’un métro.

L’intercommunalité vient de lancer un appel d’offres pour étudier la faisabilité de ce nouveau moyen de transport à Bordeaux d’ici 2040, un projet régulièrement évoqué mais jamais mis en œuvre.

C’est une ouverture de marché public qui n’est pas passée inaperçue pour certains. Le projet d’un métro bordelais, vieux serpent de mer de la mobilité dans l’agglomération, vient de refaire surface. Comme elle s’y était engagée, Bordeaux Métropole a lancé le 19 mars la procédure pour une «étude d’opportunité et de faisabilité pour la réalisation d’un métro sur la métropole bordelaise», afin d’envisager une réalisation d’ici 2040. Pour un montant maximum de 300.000 euros, cette étude devrait durer 24 mois, et donc rendre ses conclusions un an à peine avant les élections municipales de 2026.

L’association Métro de Bordeaux, qui milite de longue date pour que ce projet sorte enfin de terre, se réjouit de la volonté de la métropole d’y réfléchir sérieusement. «Les termes de l’appel d’offres promettent une étude bien plus solide que l’étude d’opportunité annoncée initialement puisque la faisabilité du projet sera également étudiée par le prestataire retenu», explique son président, Mickaël Baubonne.

Mais dans l’imaginaire collectif, l’idée d’un métro à Bordeaux aurait été abandonnée de longue date, notamment car les sous-sols marécageux de la ville ne le permettraient pas. Une «idée reçue», selon Métro de Bordeaux, pour qui «l’existence d’anciens marécages n’est depuis longtemps plus un problème», l’association jugeant que «Bordeaux a un sous-sol permettant d’y creuser un métro» mais que «c’est à -20 mètres que le sous-sol, avec ses marnes étanches, s’avère favorable à la réalisation d’un métro si l’on opte pour le tunnelier».

La raison de l’absence d’un métro à Bordeaux serait plutôt à chercher du côté de l’histoire politique de la ville et du développement du tramway. Dès 1986, le métro avait été envisagé par Jacques Chaban-Delmas, maire de Bordeaux de 1947 à 1995. L’édile ayant supprimé le tramway électrique bordelais dès la fin des années 1940, les nuisances liées au trafic automobile dans la ville avaient fait ressurgir le besoin d’un réseau de transports en commun performant. C’est finalement son successeur, Alain Juppé, qui tranchera en faveur d’un tramway, inauguré en 2003 en présence du président Jacques Chirac.

Vingt ans plus tard, le tramway laisse apparaître ses limites. Avec désormais plus de 800.000 personnes recensées sur les 28 communes du territoire métropolitain, l’agglomération bordelaise continue à attirer, avec environ 45.000 habitants de plus en cinq ans entre 2012 et 2017, selon l’Agence d’urbanisme Bordeaux Aquitaine (A’urba). Pour autant, lors du renouvellement jusqu’en 2030 du contrat d’exploitation du réseau de transports en commun par Keolis, l’intercommunalité précisait que «l’une des attentes majeures de Bordeaux Métropole est de désaturer, d’optimiser et de fiabiliser le tramway qui reste le principal mode de transport en termes de fréquentation et de capacité», prévoyant qu’en 2027, «94% de la population métropolitaine sera desservie par le réseau TBM».

Le projet de métro va donc être étudié dans les mois à venir, mais il ne fera pas partie des aménagements des prochaines années, la métropole préférant améliorer l’existant et envisager par exemple la mise en place de télécabines sur la Garonne. Mais avec une annonce des résultats très proche du prochain scrutin municipal, l’ébauche d’un métro bordelais pourrait alimenter les programmes politiques et les divergences des listes candidates. Si Pierre Hurmic, maire écologiste de Bordeaux, juge pour l’instant que «le métro ne répond pas à l’urgence», sans écarter la possibilité de le mettre en place dans les décennies à venir, ses adversaires de la droite et du centre, eux, entendent bien se saisir de ce projet d’aménagement d’ampleur.

2 COMMENTAIRES

  1. Dans les années 1955 il était déjà question d’un métro. Cependant la qualité du « sous sol » avait fait reculer puis arrêter le projet.
    Lors des « grands travaux » au début des années 2000 je me souviens avoir été surpris cours du chapeau rouge par le trou béant, j’ignore la profondeur, au fond duquel on voyait de l’eau.
    Je ne sais s’il est possible non pas de creuser mais d’étanchéifier un tunnel dans lequel pourrait circuler un métro, certes il y a le tunnel sous la manche. J’espère si le projet voit le jour, que les immeubles du centre ville n’auront pas leur « fondation » fragilisée.
    Place Gambetta la maison à l’angle de Porte Dijeaux a certes eu ses ouvertures bien étayées, mais il ne semble pas qu’il y ait de travaux depuis mai 2022, à part l’étayage.

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