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samedi 18 juillet 2026
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Météo politique : sécheresse pour le Planning Familial en Gironde !

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« Toutes les baisses de financements sont des choix politiques », affirmait, en mars dernier, dans les colonnes de Libération, la présidente nationale du Planning familial, Sarah Durocher.

La patronne de l’association prédisait peut-être là la suppression, au début du mois de juin, des quelque 3.000 euros annuels de subventions autrefois alloués par la municipalité de Carpentras à l’antenne du Vaucluse. Hervé de Lépinau, récemment élu maire sous l’étiquette RN, avait alors motivé sa décision en rappelant que le principe de neutralité était régulièrement bafoué par la structure, connue pour avoir à de nombreuses reprises appelé à faire barrage au Rassemblement national et à voter pour le Nouveau Front populaire, notamment en faveur du député triple fiché S Raphaël Arnault.

Mais en Gironde, c’est un tout autre reproche qui semble avoir été adressé à l’association, qui se présente comme « le plus grand réseau associatif et militant à offrir des services de santé sexuelle en France » et un acteur incontournable de « l’éducation populaire ». Derrière les cris d’alarme largement relayés par une presse acquise à sa cause, c’est en réalité faute d’avoir convaincu l’agence régionale de santé (ARS) sur ses résultats que l’antenne a vu disparaître 160.000 euros de financements, soit un tiers de son budget.

Une efficacité contestée

Une décision que les membres, sans doute trop habitués à voir leur travail encensé de toute part, ont du mal à comprendre. « Cela fait soixante-dix ans qu’on éduque, qu’on fait de la prévention, qu’on accompagne. Et on nous dit que tout ce qu’on fait ne sert à rien ! », s’est ainsi indigné, auprès de Mediapart, un membre du conseil d’administration.

C’est en tout cas ce que semble croire l’ARS. Comme le rapporte Le Monde, l’agence estime avoir laissé au Planning familial le temps nécessaire pour démontrer l’efficacité de ses actions de prévention. Or, après plusieurs années de financement, les résultats avancés n’auraient pas été jugés suffisamment « probants » pour justifier le maintien de l’aide publique.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que les relations entre l’association qui promeut « l’autodétermination » de genre auprès des enfants et l’agence régionale de santé se tendent. En 2024, déjà, l’ARS avait envisagé de réduire de moitié ses subventions, sur fond notamment de désaccords sur certaines méthodes employées en milieu scolaire. L’association avait fait des pieds et des mains en mobilisant politiques et militants pour obtenir gain de cause et, sous la pression, l’ARS avait cédé. Cette fois, la décision a été maintenue.

Des tensions récurrentes avec les financeurs publics

L’année dernière, dans les Pays de la Loire, la région a décidé d’amputer de 66.170 euros le budget du Planning familial en invoquant une « priorisation du service public ». En somme, l’association n’a pas su se montrer indispensable et la collectivité a décidé d’utiliser plus sagement l’argent du contribuable dans son vaste plan d’économies. Et de fait, seuls des cours d’éducation sexuelle ont pâti de cette amputation budgétaire.

Plus délicat, en revanche, les questions liées au respect du principe de neutralité ont conduit l’antenne du Calvados à se heurter à un refus de financement de la Caisse d’allocations familiales (CAF), après deux premières diminutions de 5.000 euros en 2023 puis 4.000 euros en 2024.

Face aux réserves exprimées, la CAF a finalement opposé un rappel au règlement, rappelant l’interdiction de toute forme de prosélytisme et l’exigence de neutralité des actions financées. Or, tout comme d’autres associations qui se sont vu sucrer leurs subventions par la CAF, le Planning familial du Calvados avait bien « signé une tribune pour s’opposer à l’extrême droite lors des législatives de 2024 ».

Une remise en cause durable

Décisions arbitraires ou respect du contribuable et simple application de la loi qui refuse les financements publics aux associations partisanes ? La présidente pourra toujours qualifier ces décisions de « politiques », comme le répètent les bénévoles à chaque baisse de financements. Mais la vérité, plus prosaïque, est plutôt que le Planning familial (qui n’a pas répondu à nos sollicitations) ne convainc plus et que la légitimité dont il se prévaut depuis 70 ans commence peu à peu à se faire très relative, même aux yeux des institutions publiques…

Décidément le climat est bien en train de changer !

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