Fumée noire sur Bordeaux

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Des travaux de découpage d’un bateau-porte ont repris ce lundi dans le quartier des Bassins à Flot, au grand dam d’une partie des habitants

Ces travaux de découpe entamés au mois de janvier génèrent une épaisse fumée noire en raison de la présence de goudron. Plusieurs habitants s’inquiètent de la réelle compatibilité entre une activité industrielle portuaire et des habitations. Le port de Bordeaux assure toutefois que ces fumées n’ont rien à voir avec les activités du pôle naval qui est en train de (re)prendre place au sein des Bassins à Flot.

Dans le quartier des Bassins à Flot à Bordeaux, d’importantes fumées noires qui se dégagent depuis les formes de radoub (ou cales sèches), inquiètent une partie des habitants. La situation a démarré dans le courant du mois de janvier, et a repris lundi matin. En plus de l’odeur, certains résidents déplorent de légères irritations de la gorge et des yeux.

L’association de défense de l’environnement et de la qualité de vie du quartier des Bassins à Flot déplore que ces travaux aient été réalisés « sans mesures de confinement élémentaires » et assure que « les fumées et les particules de ces matériaux toxiques se sont répandues dans l’atmosphère et dans l’eau des bassins, diffusant des odeurs âcres dans tout le quartier. »

« Il s’agit des tout derniers travaux au sein des formes de radoub, qui consistent à démonter un bateau-porte [énorme caisson en acier] très ancien et qui n’est plus aux normes, explique Renaud Picard, directeur administratif et financier du port de Bordeaux. Ces travaux devaient se terminer vendredi, ils ont peut-être pris un jour ou deux de retard, mais c’est la fin. La découpe de la porte a généré des fumées, en raison de la présence de goudron. Ces fumées sont très noires mais elles ne sont pas toxiques. Je comprends l’inquiétude des habitants, on se serait bien passé de cet épisode de découpage qui aurait dû être fait depuis des années, mais il ne s’agit absolument pas de réparation navale. »

La précision a son importance, car le port doit affronter la défiance d’une partie des habitants, inquiets de la compatibilité d’une activité de pôle naval dans un quartier qui a vu plus de 4.500 logements se construire depuis le début des années 2010. Même si le maire de Bordeaux Pierre Hurmic, assure que les activités « les plus polluantes se situeront en bord de Garonne ou à Bassens, pas en cœur de l’îlot d’habitat. »

Mais l’association du quartier des Bassins à Flot dit « ne plus avoir confiance ». « Le port ne tient pas compte des habitants » se désole sa présidente Hélène Szalay. Elle prend pour exemple le bâtiment industriel Armi, situé en face du musée mer marine. « On n’en voulait pas, et on nous avait promis qu’il disparaîtrait du paysage, qu’il y aurait un jardin à la place, rappelle Hélène Szalay. Finalement, le port a décidé de conserver ce bâtiment, concédant simplement de le réduire d’un tiers, et non de moitié comme le soutient Pierre Hurmic. Certes, il y aura un espace vert de 6.000 m2 à côté. Mais comment un jardin de loisirs peut-il être compatible avec les activités de cet atelier, d’autant plus qu’il est aussi prévu une aire de carénage sur l’un des côtés du parc ? »

« Il a été choisi, rétorque Renaud Picard, en concertation avec la ville et Bordeaux métropole, de conserver le bâtiment à cet endroit, car il bénéficie d’infrastructures lourdes, notamment un pont roulant, qu’il est difficile de déplacer. Il accueillera une société spécialisée dans le retrofit (passage de moteurs thermiques vers des moteurs électriques ou hydrogène). Et à côté, il y aura bien un jardin de 6.000 m2, ouvert au public. Nous sommes à l’écoute des habitants, mais nous tenons aussi à ce que le quartier conserve une activité portuaire. »

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