La SNCF emmerde les français !

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SNCF : le préavis de Greve dont le seul objectif est « d’emmerder les Français »

« Il faut arrêter d’emmerder les Français  … » L’adresse que Georges Pompidou, président de la République en 1969, faisait régulièrement à ses ministres, mériterait bien d’être gravée au fronton de toutes les administrations et entreprises publiques. Et parmi elles, la SNCF, dont le personnel a pour spécificité de faire grève au plus mauvais moment pour leurs clients.

Comme très souvent à cette époque, un préavis de grève a été déposé pour deux fois 3 jours au moment de Noël et du Nouvel An par des personnels de la SNCF et pas n’importe lesquels, puisqu’il s’agit des contrôleurs rebaptisés « chefs de bord ». C’est plus chic et ça correspond mieux à la réalité du Job. 

Or, les règles de sécurité interdisent la circulation d’un train si les contrôleurs ne sont pas à bord des wagons.

Résultat : des millions de Français sont menacés de voir leur train de Noël ou du 31 décembre annulé. Des trains dont ils ont fait la réservation depuis plus de six mois, parce que pour beaucoup, ça va faire deux ans qu’ils ne peuvent pas voyager.

Les familles ont de quoi s’énerver d’un tel blocage.

Le mouvement qui affecte le fonctionnement de la SNCF est complètement atypique, ce qui le rend encore plus insupportable que n’importe quel autre mouvement social.

La menace de grève émane d’un collectif de 2800 conducteurs ou chefs de bord qui ont constitué un groupe sur Facebook. C’est un groupe qui a pris cette initiative contre l’avis des syndicats officiels de la SNCF, ce qui les met en porte à faux. Sud et Cgt notamment ne sont pas contre l’agitation sociale, mais ils ne peuvent pas être favorables à ce type de menaces qui revient pour quelqu’un à prendre en otage les voyageurs.

 
Ils réclament des revalorisations de salaires, lesquelles devraient être négociées en bonne et due forme par les syndicats. Pour désamorcer leur colère, la direction a offert aux chefs de bord une prime de travail de 600 euros qui pourrait être annualisée et intégrée au salaire à l’issue d’une négociation sérieuse avec les syndicats. Les dernières propositions ont été refusées par le groupe.

On se retrouve donc avec cette menace de grève gérée par 2800 followers de Facebook alors que les effectifs de la SNCF représentent plus de 270 000 salariés. Un tel mouvement pose quand même un problème de fond.

D’abord, si le droit de grève est fondamental, on peut s’interroger sur la modalité de l’exercice. Parce que normalement, la grève a pour objet de faire pression sur une direction mais pas forcément de bloquer le pays tout entier.

Ensuite, il faut rappeler que la SNCF est encore aujourd’hui en situation de monopole. Ce qui veut dire que l’usager qui est un client n’a pas le choix. Sauf sur la ligne Paris-Lyon où les trains italiens circulent et prennent une part de marché non négligeable. Mais en dehors de cette ligne Paris Lyon Genève Milan, le voyageur, qu’on a beaucoup encouragé à prendre le train parce qu’il serait plus écologique, n’a pas d’autres solutions que d’abandonner son projet de voyage.

Enfin, ce caractère de monopole public a permis à l’Etat de justifier des contrats de travail particuliers que beaucoup de salariés du privé envieraient. : sécurité de l’emploi, aménagement du temps de travail, système de retraites spécifiques (même si les avantages font débat), et enfin des rémunérations qui ne sont pas nulles si on les comparent au privé. L’autre avantage immense du statut de la SNCF, c’est qu’elle n’a pas l’obligation d’équilibrer son exploitation, ce qui veut dire que la SNCF est endettée et que c’est le contribuable qui paie la note en plus du prix du billet. C’est sans doute la première entreprise de transport de passagers mais c’est aussi un outil de redistribution de revenus et d’aménagement du territoire.

Moralité- parce qu’il s’agit bien de morale, cette situation de monopole public donne des responsabilités au personnel, en particulier une obligation de services à la clientèle. (Sécurité, respect des horaires etc..).

Et ceux qui, dans l’ensemble des effectifs de la SNCF, incarnent le plus la nécessité de cette relation client, c’est le contrôleur. Ces chefs de bord ont une responsabilité énorme dans la qualité du voyage et le ressenti par le client. Alors que tous ces clients ne soient pas d’une amabilité extrême, que certains soient incorrects, irrespectueux et même parfois violents, c’est probable et possible mais ça restera marginal et rare. Les clients assidus et les contrôleurs en témoignent. Cela dit, si ces menaces et ces mouvements de grève ne cessent pas, si les personnels et notamment les syndicats ne trouvent pas les moyens de changer leur façon de manifester, il faudra légiférer sur le droit de grève et le réguler. Plus grave encore, les contrôleurs qui ont majoritairement une bonne image chez les voyageurs vont l’abimer, s’ils continuent à « emmerder les Français de cette façon ».

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