Le blues du commerçant bordelais.

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Les commerçants bordelais ont le blues. Ce n’est pas seulement les résultats des dernières élections qui les inquiètent. Le ciel est particulièrement noir pour l’ensemble de l’activité commerciale du centre. Et les déclarations du nouveau maire ne font qu’assombrir les perspectives, si elle pouvaient être encore plus sombres.

Plus de voitures dans le centre.

Parmi les premières déclarations de Pierre Hurmic, celle sur sa volonté de bannir les voitures de Bordeaux a eu un énorme succès médiatique. Elle a été reprise dans les médias nationaux. L’effet a été dévastateur parmi les commerçants. Même si le maire a ensuite nuancé en expliquant que ce serait progressif. Il faut dire que depuis des années, Juppé, puis Florian se sont ingéniés à faire la chasse aux bagnoles, au moins celles des administrés, le parc automobile de la ville, lui, n’a pas diminué. Avec d’excellent résultats. La circulation s’est raréfiée, et l’activité économique du centre de Bordeaux s’est effondrée. Les artisans, commerçants, petits industriels ont quitté Bordeaux, et l’emploi qui va avec a suivi. En même temps les travaux de construction du tram ont joué leur rôle accélérateur dans la disparition des boutiques le long des nouvelles lignes. Les avenues qui accueillent le tram sont devenues des déserts commerciaux. Seul l’hypercentre a résisté. Mais la population qui fréquente les rues, devenues piétonnes, n’est plus la même et le pouvoir d’achat n’est plus le même non plus. C’est d’abord le tiroir caisse qui détermine l’humeur du professionnel indépendant, et le compte n’y est pas. C’est peut-être l’explication de l’échec électoral de l’équipe sortante. Les professionnels bordelais ont jugé l’arbre à ses fruits, et ils ne sont pas venus voter. A quoi bon choisir entre un tandem LR/LREM qui faisait de l’écologie et du socialisme pour siphonner les voix de ses concurrents et les écologistes alliés aux socialistes qui proposaient la même politique…

Métropole et gilets jaunes : « après les pavés, les pillages »

Pendant des mois, chaque samedi les gilets jaunes ont effrayé le client quand ils n’ont pas contraint les commerçant à baisser le rideau pour éviter le pillage. Y compris pendant les week end les plus importants, avant Noël, pendant les soldes, la braderie… Non seulement la ville est sinistrée à cause de la politique absurde de la mairie LR qui fait du copié collé d’Hidalgo à Bordeaux, mais en plus des hordes de blacks blocs et d’antifas, déguisés en gilets jaunes, ont tenu les rues les plus commerçantes de Bordeaux. Barres de fer, cocktails molotov, pierres…ont volé contre les vitrines des représentants du capitalisme honni. Le mouvement des gilets jaunes qui à l’origine était une protestation contre la hausse des carburants, et contre le chômage qui frappe durement les zones périphériques, a été repris en main par les organisations gauchistes girondines, spécialisées dans la lutte contre le capitalisme, la bourgeoisie, l’Etat et les propriétaires… le mot d’ordre n’était pas : « sous les pavés, la plage », mais « après les pavés, les pillages ». Expropriations dont l’illustration la plus symbolique a été le pillage de l’Apple Store. Nos anarchistes ont des goûts de luxe.

Vous reprendrez bien un coup de Covid.

Comme les commerçants n’avaient certainement pas assez souffert, le gouvernement a confiné tout le monde pour sauver la population. A Bordeaux la panique s’est même traduite par un arrêté préfectoral réquisitionnant les pompes funèbres. Nos dirigeants ont cru, eux-mêmes, à leurs discours alarmistes. La préfecture a pris des dispositions pour renforcer des services funéraires qui seraient dépassés par le nombre de morts à traiter. En fait d’hécatombe, il n’y a pas eu grand chose. Les cliniques réquisitionnées sont restées vides, et les croques-morts n’ont pas fait d’affaires exceptionnelles. Par contre les commerçants du centre ont continué à vivre leur cauchemar. Les charges ont continué à courir, et les recettes ont disparu. Et pour vraiment enfoncer le travailleur indépendant, le gouvernement impose le masque et annonce une deuxième vague épidémique ! L’homme supporte les difficultés, les épreuves, surtout s’il a l’espoir que la situation va s’améliorer… et l’espoir se fait rare.

Les annonces du nouveau maire, aiguillonné par Philippe Poutou, le fossoyeur de l’usine Ford de Bordeaux, ne sont pas de nature à rétablir l’espérance. Le nouvel édile qui craint fort que le ciel climatique ne lui tombe sur la tête répète qu’il va faire de la lutte contre les émissions de CO2 le graal de sa politique. Pas franchement réaliste…

A couteaux tirés…

Pour compléter le tableau, la paisible ville provinciale, réputée pour sa douceur de vivre, pour sa culture, et la gentillesse de sa population a radicalement changé. Bordeaux était en retard, à la traîne. Peu de meurtres, d’agressions, de trafics douteux. Profitant des ambitions d’Alain Juppé qui voulait une ville « millionnaire » (il ne s’agit pas du revenu des habitants, mais du nombre d’habitants) les promoteurs ont construit une ceinture d’habitat collectif médiocre autour de la ville historique. Avec un mitage d’habitat à loyer modéré qui a pourri rapidement les citées sorties de terre. D’où sont venus les 200 000 nouveaux habitants ? En tout cas ils ont transformé la ville en coupe-gorge. Les conflits inter-ethniques se règlent au couteau. Il est déconseillé aux mamies de sortir avec une chaîne et une croix en or, et les jeunes doivent éviter les sorties nocturnes… Cela ne semble pas émouvoir le nouveau maire. Il ne trouve rien à dire, ni à redire. Pendant des années, il a contesté la vidéo surveillance, il est difficile d’imaginer qu’il change d’avis. Qu’une fois élu, il décide de poser des caméras et d’armer la police. Il est prisonnier de son idéologie. Il a annoncé un « service public du logement » qui correspond bien aux objectifs de son adjointe, Emmanuelle Ajon, une forcenée de l’accueil du migrant. Bref, pour le chaland, le centre de Bordeaux devient une zone à éviter. Les achats seront plus sûrs, moins risqués  sur Amazon ou chez le bordelais C Discount. 

Dans ce contexte, comment voulez-vous que le commerçant soit optimiste ? 

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