Pseudo-féminisme la mairie de Bordeaux en plein délire

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Budget genré, «matrimoine», communication inclusive : comment Bordeaux s’empare du féminisme

La mairie écologiste mène de nombreuses actions pour «porter les valeurs d’égalité femmes-hommes» et vient d’adopter une charte de 23 engagements dans le domaine artistique et culturel.

Ce n’est pas une journée mais une semaine du 8 mars, consacrée aux droits des femmes à Bordeaux. «L’égalité, c’est toute l’année», annonce Pascale Bousquet-Pitt, élue de la majorité, reprenant ainsi le slogan affiché dans les rues de la ville. Ce lundi, au conservatoire Jacques Thibaud, la socialiste participait à la présentation de la «charte égalité femmes-hommes des établissements culturels de la ville de Bordeaux». Une nouvelle série de mesures portée par la mairie écologiste, qui n’est que la partie émergée de son action.

La question de l’égalité des sexes est en effet placée «au cœur du projet de mandature» de la municipalité, «avec pour objectif d’insuffler celle-ci dans l’ensemble des politiques publiques». Cette nouvelle charte en 23 points engage désormais les cinq musées de la ville, le conservatoire et les bibliothèques. Elle se décline autour de quatre objectifs : porter les valeurs d’égalité femmes-hommes, garantir l’égalité de traitement et un accès égal à la programmation, à l’enseignement et aux pratiques artistiques et culturelles, «restituer une histoire mixte et lutter contre les stéréotypes de genre», et enfin adapter les outils et les méthodes de travail utilisés par la mairie. Du bon wokisme !

Concrètement, il s’agit de démontrer, par des vernissages, concerts et expositions, que «le génie créatif n’a pas de genre», explique Claudine Bichet, première adjointe de Pierre Hurmic. Outre des expositions sur des femmes, comme celle de l’organisation crimunelle SOS Méditerranée inaugurée en février par le maire de Bordeaux, la ville célèbre le «matrimoine» depuis 2021. Un terme accolé aux journées du patrimoine qui ont lieu en septembre, pour désigner «la mémoire souvent oubliée des créatrices et de la transmission de leurs œuvres». Et les dessins d’enfants c’est de « l’enfantimoine » ?

La ville de Bordeaux veut aller plus loin, en finançant à parts égales les projets en faveur des hommes et des femmes dans tous les champs de l’action municipale. Une volonté qui se concrétise par une expérimentation : le «budget sensible au genre» (BSG), une démarche également mise en place à Nantes. L’objectif : «qu’un euro d’argent public dépensé contribue de manière égalitaire aux femmes et aux hommes», détaille Claudine Bichet, pour éviter de créer ou d’aggraver des inégalités. Un but cependant difficile à évaluer.

Dans l’espace public, la ville de Bordeaux veut rendre visibles les femmes par le biais de sa commission de «viographie», qui nomme et «dénomme» certaines rues chaque année. Rappelant que seules 6% des rues en France portent un nom de femme (et 10% à Bordeaux), Dimitri Boutleux souligne qu’en 2021, 16 rues, places et lieux ont été baptisés avec des noms de femmes, et qu’en 2022, 42 noms de femmes (et deux noms d’hommes) ont été choisis pour des rues. Lamentable.

Au sein des engagements de cette charte pour l’égalité, la ville de Bordeaux mise sur la pédagogie, avec une «communication interne et externe inclusive et sans stéréotype», mais également en restituant «le rôle historique des inégalités femmes-hommes dans la fabrication de déséquilibres sociétaux, des représentations essentialistes et des stéréotypes et s’interroger sur le vocabulaire utilisé». La municipalité compte par ailleurs «produire des contenus spécialisés à vocation pédagogique à destination des classes maternelles et primaires». Bref politiser l’école et intoxiquer les enfants idéologiquement.

Enfin, car la question de l’égalité englobe nécessairement celle des violences faites aux femmes, le dispositif «Demandez Angela» est déployé à Bordeaux depuis 2021 et concerne désormais plus de 80 établissements. Il permet à une personne se sentant en insécurité de se rendre dans un commerce ou une borne d’appel d’urgence des stations de tramway afin d’être mise à l’abri, en leur demandant simplement «où est Angela». «Près de 200 personnes ont été formées à venir en aide aux victimes ou témoins de harcèlement», précise la ville.

Autant d’outils pour mettre en œuvre l’égalité entre les hommes et les femmes, mais sans chercher à «forcer la marche», tempère Dimitri Boutleux, qui veut «tracer le chemin naturellement». Pascale Bousquet-Pitt explicite quant à elle que l’objectif de la ville de Bordeaux «n’est pas de remplacer le patriarcat par le matriarcat», mais bien de favoriser l’égalité réelle de traitement entre les sexes. Où est Angelo ?

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