Pour la presse mainstream, de plus en plus orwellienne : la pensée unique c’est le pluralisme !

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Derrière les appels récents à renforcer l’indépendance éditoriale des journaux, derrière les attaques contre des personnalités comme Geoffroy Lejeune ou Franck Ferrand se cache une volonté de réduire le journalisme à une orthodoxie, celle de la gauche wokiste.


Ces derniers temps, il est beaucoup question de la « déontologie de la presse ». Edwy Plenel l’évoque régulièrement ; les journalistes de Libération et ceux du JDD disent craindre sa disparition ; tous réclament de nouvelles lois renforçant l’indépendance éditoriale des rédactions et assurant ainsi, selon eux, le déploiement d’une charte déontologique en béton armé. En réalité, leur souhait est qu’il n’y ait plus qu’un seul journalisme, un journalisme dogmatique, woke, de gauche, celui-là même qui est enseigné dans la plupart des écoles de journalisme. Au nom du pluralisme, certains journalistes adaptent leur conception de ce dernier à leurs opinions politiques et dénoncent, en vue de les faire taire, les petits camarades qui ne pensent pas comme eux ou les citoyens qui échappent à la doxa.

La presse mainstream est endogame, gauchisante et aisément manipulable.

La source à laquelle elle s’abreuve, l’Agence France-Presse, est censée relayer l’information nationale et internationale d’une manière « complète, impartiale et vérifiée » (site de l’AFP). Mais les dernières élections syndicales de cette officine donnent des « indications précieuses sur les orientations politiques de ses employés, journalistes et techniciens », note l’Observatoire du journalisme  (OJIM). Dans la seule « catégorie journalistes », le SNJ récolte 40% des suffrages, la CGT 20%, et l’extrême gauchiste syndicat SUD passe de 11% en 2012 à… 26% en 2022. Comme on dit, il n’y a pas photo : l’AFP emploie une majorité de journalistes de gauche et d’extrême gauche.

Le journalisme paresseux se contentant souvent de reprendre les dépêches de l’AFP telles quelles, cette agence « neutre et impartiale » donne le la dans de nombreux journaux. Ainsi, nous apprend Sabine de Villeroché sur le site de Boulevard Voltaire, plusieurs d’entre eux se sont dernièrement appuyés sur un titre alléchant, basé sur une dépêche de l’AFP, pour relayer l’entretien de Nicolas Lerner, directeur de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), paru dans Le Monde du 9 juillet : « Le patron de la DGSI alerte sur la résurgence des actions violentes de l’ultra droite ».

Le Figaro, Ouest-France, Sud-Ouest et France Info ont plongé la tête la première dans l’approximation orientée de l’AFP et donc la dénonciation unique de « l’ultra droite » sans lire l’entretien du directeur de la DGSI qui qualifie pourtant la menace djihadiste de « principale menace ». Nicolas Lerner affirme également que si la menace terroriste d’ultra droite existe toujours (dix actions déjouées depuis 2017), celle d’ultra gauche s’amplifie, « investit la sphère environnementale » et est « un sujet de préoccupation ». Inspirés par la dépêche de l’AFP, les titres et les choix éditoriaux de ces organes de presse n’insistent pourtant que sur « une résurgence très préoccupante des actions violentes ou des intimidations de la part de l’ultra droite » (Le Figaro), le « recours à la violence de l’ultra droite » (Ouest-France), ou minimisent les violences de l’ultra gauche et relativisent le risque djihadiste qui serait « moins intense » (L’Indépendant). Cette littérature échotière et mensongère n’a qu’un but : masquer la réalité et minimiser les véritables dangers qui menacent notre pays.

Mais la presse de gauche et d’extrême gauche va plus loin que le simple mensonge.

À la Kommandatur Médiapart, il a par exemple été décidé de lancer un appel à la délation de tous ceux qui auraient tenu, depuis la mort de Nahel Merzouk, des « propos racistes et déplacés au travail » : « Racontez-nous si un.e collègue a partagé la cagnotte destinée au policier qui a abattu l’adolescent ; un.e autre a qualifié, au détour d’un café, les jeunes des quartiers populaires de “sauvages” ; un chef a stigmatisé les populations d’origine immigrée… ».

Respectueux de la tradition délatrice qui fit les beaux jours de la sinistre Carlingue, sise rue Lauriston, l’organe plenelien précise que la dénonciation (appelée joliment « récit ») « peut être anonyme ».

Rappelons que l’insignifiant mouchard médiapartien qui se fait appeler Usul proposait il y a peu de récupérer le fichier des « chiens » qui ont participé à la cagnotte du motard incriminé dans la mort de Nahel Merzouk afin de le remettre au service de surveillance politique de son journal. Bien entendu, Médiapart soutient les journalistes du JDD qui affirment sans rire que « le journalisme n’est ni de gauche, ni de droite », et Edwy Plenel dénonce les subventions publiques versées à un journal détenu par un « capitaliste » – ce qu’il s’est bien gardé de faire du temps où il était le directeur de la rédaction du Monde, journal dirigé à l’époque par lui-même, Jean-Marie Colombani et Alain Minc, ces deux anticapitalistes notoires.

De son côté, Pauline Decker, journaliste de Ouest-France, n’a pas hésité à prendre sa plus sale plume pour dénoncer le recrutement saisonnier d’un jeune homme par la municipalité de Lorient pour un poste d’agent de surveillance de la voie publique, au prétexte qu’il est un militant de Reconquête. Penaud, le maire de Lorient promet de « googliser » les candidats à l’avenir et assure qu’il a convoqué le jeune homme en question afin de lui rappeler son « devoir de réserve ». Nul doute qu’il aurait eu la même démarche s’il avait appris que l’individu embauché était un militant actif de LFI – encore aurait-il fallu dans ce cas-là que Pauline Decker se chargeât de la « dénonciation » de cet extrême gauchiste, ce qui aurait constitué par ailleurs, comme dans le cas présent, un appel à la discrimination au motif de convictions politiques, ce qui est rigoureusement interdit par le code du travail.

Libé n’a pas raté le coche. Cette feuille de chou est devenue la spécialiste de toutes les cochonneries qui traînent, elle ne pouvait par conséquent pas passer à côté d’une dénonciation bien crasse.

La cible en a été cette fois Franck Ferrand, commentateur sur la télé publique de réjouissantes pastilles historiques et patrimoniales lors de la retransmission du Tour de France. Comme l’audiovisuel public n’est pas suffisamment à gauche à son goût, Libé s’est vu contraint de moucharder ce « chroniqueur à Valeurs actuelles et invité régulier de CNews », une de « ces personnalités mondaines fascinées par les grands hommes qui racontent de belles histoires sur un pays royaliste et chrétien ». L’acte d’accusation porte également mention du peu de considération que l’accusé porte aux écolos. L’article est grossièrement écrit et n’évite aucune expression outrancière pour salir l’animateur qui serait le « relais de thèses complotistes » et aurait une « vision réactionnaire de l’histoire » – il est vrai que Franck Ferrand est plus proche du « roman national » honni par les journalistes de Libé que de l’histoire mondiale de la France métissée de Patrick Boucheron. Cet article à charge n’a bien entendu qu’un seul objectif : faire en sorte que la Présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, vire cet homme blanc de plus de 50 ans et accomplisse totalement son rêve qui n’est pas de montrer la France telle qu’elle est mais, si l’on veut en croire sa dernière intervention auprès de la Commission des finances, telle qu’elle voudrait qu’elle soit, c’est-à-dire entièrement woke, écologiste, paritaire, diversitaire et, pour ce qui concerne son histoire, coupable et repentante –  en gros, la même France que celle souhaitée par Libé, Télérama, Le Monde et Médiapart.

L’Observatoire du journalisme (OJIM) entame en ce moment même une série d’articles sur « les 14 écoles de journalisme reconnues par la profession », en commençant par « une des plus sectaires », l’École supérieure de journalisme (ESJ) de Lille.

Inclusif, diversitaire, wokiste, écologiste, gauchiste, l’enseignement dispensé par cette école est une caricature du progressisme dogmatique. « La diversité tant vantée ne se traduit cependant pas dans les opinions politiques des étudiants de l’école qui affirment à 87% voter pour la gauche et l’extrême gauche », constate l’OJIM. Sur France Info, Alexandra Schwartzbrod, directrice adjointe de la rédaction de Libération, confiait récemment que les plus jeunes journalistes du quotidien sont « plutôt LFI ». Les IEP, eux, proposent des Masters Journalisme qui n’échappent pas à la bien-pensance et au politiquement correct. À Sciences Po Paris, quelques mois avant les dernières élections présidentielles, Anne Hidalgo, Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon ont été reçus à bras ouverts dans les locaux de l’école qui fut par ailleurs bloquée par des étudiants « démocrates » mécontents des résultats du premier tour.

L’IEP de Grenoble est réputé pour son sectarisme d’extrême gauche ; celui de Rennes a vu émerger et croître le syndicat extrême gauchiste Solidaire, lequel, soutenu par les Antifas locaux, fit régner une sorte de petite terreur sur le campus au moment des élections en empêchant tout affichage de candidats autres que Jadot et Mélenchon. À Lyon, des étudiants militants du même syndicat Solidaire devenu majoritaire anticipent leur future carrière délatrice en listant les étudiants « fachos » – c’est-à-dire tous ceux qui ne pensent pas comme eux.

Des rangs de ces institutions universitaires, ESJ ou IEP, sortent bon nombre des journalistes qui font et feront régner demain, dans une langue défaite et avec une maigre culture supplantée par une inébranlable croyance politique, l’ordre wokisto-progressite et gaucho-diversitaire qui régit d’ores et déjà la majorité de la presse écrite et l’audiovisuel public.

La « déontologie » et le « pluralisme » de la presse chers aux « démocrates » des médias bien-pensants annoncent des lendemains orwelliens durant lesquels la déontologie reposera exclusivement sur la morale de gauche appliquée dans toute sa totalitaire rigueur pour le « bien commun », tandis que la pensée unique sera reconnue comme le summum du pluralisme, et la délation comme l’acte démocratique par excellence.

Dernières preuves d’une alliance politico-médiatique prête à tout pour voir advenir ce monde merveilleux : Jean-François Kahn dénonce dans L’Obs le rachat par Bolloré du JDD, ce qui « rend presque inéluctable les prochaines victoires de l’extrême droite et donc l’atmosphère de guerre civile qui en découlera » – il semblerait que JFK soit passé à côté de « l’atmosphère de guerre civile » qui a considérablement assombri la vie des Français il y a un peu plus d’un mois – et ose un énième point Godwin, en l’occurrence une analogie plus que douteuse avec l’empire médiatique d’Alfred Hugenberg qui aida à l’émergence en Allemagne du… Parti national-socialiste.

De leur côté, les dirigeants d’EELV déclarent que, au nom du pluralisme et de l’indépendance des médias, ils ne répondront plus aux demandes d’interviews du JDD – en revanche, bien décidés à pêcher dans les eaux marécageuses de l’islamo-gauchisme, ils recevront lors de leurs Journées d’été le rappeur Médine, ce pacifique artiste homophobe qui désire plus que tout « crucifier les laïcards ».

« C’est en comprenant son parcours qu’on luttera efficacement contre l’extrême droite », affirme sur LCI l’inimitable Sandrine Rousseau, tandis que Libération met en exergue « l’engagement antiraciste » de cette « cible privilégiée de l’extrême droite ». La boucle est bouclée.

Didier Desrimais, in Causeur

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