Profs illettrés à l’éducation nationale

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“Nous avons atteint un point de non-retour” : partout en France, les jurys d’académie pointent des faiblesses criantes chez les futurs professeurs des écoles, en maîtrise de la langue française et en culture générale

Partout en France, les jurys d’académie pointent des faiblesses criantes des futurs professeurs des écoles en maîtrise de la langue française.

Des étudiants de niveau bac+5 qui ne connaissent pas le mot «chancelant», qui confondent déterminants et pronoms et dont les références littéraires sont pauvres, supplantées par les séries et dessins animés.

Alors que les inscriptions aux concours enseignants 2023 viennent de se clôturer – avec une prolongation de 15 jours pour tenter de grossir les rangs des candidats -, les rapports de jury des épreuves 2022 viennent cruellement éclairer le niveau des futurs professeurs des écoles.

Publiés par les académies avant que ne débute la future session, pour aiguiller les candidats, ils pointent, partout en France, d’importantes lacunes en maîtrise de la langue française. «Les qualités rédactionnelles demeurent essentielles pour ce concours visant à recruter de futurs experts qui ont en charge l’apprentissage de la langue aux plus jeunes de nos élèves, rappelle le rapport de jury de l’académie d’Aix-Marseille. Une erreur récurrente et inquiétante pour de futurs enseignants est la confusion entre l’imparfait et le conditionnel présent. ‘‘Chantaient’’ et ‘‘bégaieraient’’ ont souvent été analysés comme étant conjugués au même temps», ajoute-t-il.

Les étudiants ont également séché sur la grammaire et les conjugaisons. «Confusion entre adjectif, pronom, déterminant, entre nature et fonction, méconnaissance des temps et de leurs valeurs, incapacité chez certains candidats à identifier le sujet d’un verbe», énumère l’académie de Lille. Dans les vers «Jugez comme cela disperse mes pensées» et «Je distingue ébloui l’ombre que font les palmes», les candidats devaient par exemple identifier trois pronoms. Si «je» l’a été aisément, «cela» et «que» n’ont pas souvent été repérés. «Par ailleurs, de nombreux candidats ont analysé le l’ comme pronom», indique une académie.

À Amiens, le jury déplore «le faible nombre d’exemples littéraires ou cinématographiques au profit d’illustrations faisant appel aux séries que l’on peut voir sur Netflix, comme la Chronique des Bridgerton». Il relève aussi des références à contre-emploi, comme Spider-Man. Quand d’autres copies se contentent d’exemples empruntés à l’actualité, comme la situation dans les Ehpad ou la gestion de la crise du Covid. Les émissions de téléréalités sont également convoquées.

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