Hourra : Plus de retraits de points pour les « petits » excès ?

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SECURITE ROUTIERE Le ministère de l’Intérieur propose de ne plus supprimer de point pour les dépassements de vitesse inférieurs à 5 km/h

  • Une réflexion est en cours au sein du ministère de l’Intérieur afin de ne plus retirer de points sur le permis de conduire des automobilistes coupables de « petits excès de vitesse ».
  • Une mesure saluée par l’association 40 millions d’automobilistes qui estime également nécessaire de ne plus sanctionner ces excès de vitesse par une amende.
  • En revanche, Anne Lavaud, déléguée générale de l’association Prévention routière, voit dans cette mesure « une invitation à rouler plus vite, au moment où les chiffres de la Sécurité routière repartent à la hausse ». Hystérie routière ?

A quelques jours du premier tour des élections législatives, le ministère de l’Intérieur fait un pas en direction des automobilistes. La place Beauvau a fait savoir ce mercredi à plusieurs journalistes qu’elle souhaitait assouplir les sanctions pour les petits excès de vitesse, à savoir moins de 5 km/h. « Ce n’est pas totalement arbitré, mais l’idée, c’est que vous ne perdiez plus un point », indique une source bien informée. En revanche, l’infraction serait toujours sanctionnée par une amende de 68 euros. Une mesure loin d’être symbolique puisque près de 6 contraventions sur 10 (58 %) concernent des excès de moins de 5 km/h, comme l’avait indiqué en avril dernier le ministère de l’Intérieur à la sénatrice Françoise Dumont (LR, Var).

Par contre, agtteinte à nos libertés : le permis de conduire et la carte grise seront « également totalement numérisés », a précisé le ministère, qui espère mettre en œuvre la numérisation d’ici « un an et demi, deux ans ». Cette mesure doit permettre de garantir que la personne sanctionnée est bien le conducteur fautif et non un tiers afin d’empêcher les fausses déclarations de conducteur pour éviter le retrait de points. « On ne pourra plus dire que c’était mamie qui conduisait », ironise-t-on place Beauvau.

« C’est un bon signal », salue Pierre Chasseray, délégué général de l’association 40 Millions d’automobilistes. Cette mesure, dit-il, « va permettre de prouver que le fait de ne pas sanctionner les excès entre 1 et 5 km/h ne générera aucune épidémie d’accidents en France, cela n’aura pas d’incidence sur les chiffres de la Sécurité routière ». Selon lui, le gouvernement doit même aller plus loin, et démontrer que les radars ne sont pas des « pompes à fric ». « Il faut que l’état envoie un signal, et ce signal, c’est de ne pas prendre l’argent aussi sur les petits excès de vitesse. »

De son côté, Anne Lavaud, la déléguée générale de l’association Prévention Routière, ne comprend pas l’intérêt de cette mesure qu’elle estime dangereuse. « Il est déjà possible de récupérer des points en faisant des stages. Et surtout, sur ces excès de vitesse là, au bout de six mois, on récupère le point perdu si d’autres infractions n’ont pas été commises entre-temps par le conducteur. La perte de points est donc surtout dissuasive pour les récidivistes », souligne-t-elle. Elle rappelle également que les radars automatiques appliquent une marge de tolérance. « Si vous êtes verbalisé 1 km/h au-dessus de la vitesse limite, en réalité vous êtes 6 km/h au-dessus. »

Cette mesure, conclut-elle une crise de nerf, peut être prise « comme une invitation à rouler plus vite, au moment où les chiffres de la Sécurité routière repartent à la hausse ». Un total de 2.947 personnes sont mortes sur les routes de France métropolitaine en 2021, un bilan en baisse de 9 % par rapport à 2019, avant la pandémie, selon la Sécurité routière.

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