Toulouse-Lautrec, le reporter de la Belle Époque

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Henri de Toulouse Lautrec, qui a résidé au château Malromé sur la commune de Saint André du Bois en Gironde demeure un fascinant témoignage de son temps. Le Grand Palais lui consacre une magnifique rétrospective. Voir ICI.

Chateau de Malromé à St André du Bois
le Château de Malromé à St André du Bois

«Jamais je n’ai fait d’actualité. Ça n’est pas mon genre. Si vous avez besoin de moi pour autre chose (en ce qui concerne mon métier) écrivez-m’en.» Telle avait été la réponse d’Henri de Toulouse-Lautrec au secrétaire de rédaction de L’Aurore qui lui demandait, en novembre 1897, un dessin sur l’affaire Dreyfus. Ce petit homme d’un mètre cinquante menait sa vie d’artiste avec insouciance. Descendant des comtes de Toulouse, il pouvait compter sur les rentes que lui versait sa famille. Ses jambes atrophiées – conséquence de deux fractures du fémur à l’adolescence – n’entamaient pas sa joie de vivre. Il s’oubliait dans la boisson et le dessin, fréquentait les bistrots et les cabarets, et s’enfermait dans son atelier ou dans les bordels. En dépit de ses propres proclamations, il fut bien un témoin capital de son temps, brossant la fresque d’une époque frivole où le Tout-Paris découvrait les cocktails venus d’Amérique et d’Angleterre, s’émerveillait devant les ampoules électriques et s’adonnait au vice comme à la bicyclette. «Faire vrai et non idéal», telle était la maxime de ce court sur pattes. «Il était un témoin lucide de son temps.Epris du réel, il le transformait en lui conservant sa substantifique moelle», explique Danièle Devynck, directrice du musée Toulouse-Lautrec et co-commissaire de la splendide rétrospective que lui consacre en cet automne le Grand Palais. «Lautrec mit brillamment en scène l’harmonie sociale qui régnait dans les lieux de plaisir, où les différences de classes tombaient à la faveur de la nuit», note Stéphane Guégan, co-commissaire de l’exposition. Il en était ainsi au Chat Noir, à l’Elysée-Montmartre ou au Mirliton, le cabaret d’Aristide Bruant, le célèbre chansonnier qui maniait le verbe de Paname comme personne et accueillait ses clients avec une joie gouailleuse: «Oh là là! C’tte gueul’ qu’il a!» Lautrec s’en fit vite un ami, dont il tira le portrait à de nombreuses reprises, tentant de rendre sur le carton, comme dans Bruant à bicyclette, la malice du parolier. En retour, Bruant lui permit d’exposer ses œuvres dans son capharnaüm, où le mobilier Louis XIII côtoyait des bancs branlants.

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