La dépopulation a tué Rome hier et tuera l’Europe demain

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Nous publions cette intéressante tribune qui fait un constat pertinent mais ne fait qu’effleurer la cause lorsqu’il évoque la natalité vigoureuse chez ceux qui se revendiquent catholiques ou musulmans. L’hédonisme individualiste est la cause de cette perte de vitalité de nos sociétés, à Rome comme en Europe aujourd’hui. Nous avons besoin d’un réarmement moral pour à nouveau croire à la vie !

Pierre-Marie Sève 25 mai 2023

En Italie, il y a eu 3 fois moins de naissances en 2022 qu’il n’y en avait en 1862 (malgré une population 2 fois moins nombreuse à l’époque). L’Espagne, elle, perd 100 000 habitants par an, et l’Allemagne compte plus de décès que de naissances tous les ans depuis 1972. Mais cette dénatalité moderne rappelle de lointains souvenirs à notre continent. En effet, elle était déjà un symptôme – et une cause – du déclin civilisationnel de l’Empire romain… avec la fin qu’on lui connait.

La dénatalité accompagne la chute

La population de l’empire romain a ainsi connu un pic de population vers 150, estimé à 80 millions d’habitants (selon les estimations de l’historien italien Elio Cascio en 2005). Mais à partir de ce pic, la dépopulation accompagna l’effondrement de l’Empire. En 476, on compte ainsi 20 à 30% d’habitants en moins, malgré l’intégration de millions de barbares (estimations de l’historien Karl Beloch de 1886, puis de de J.C. Russell, professeur d’Histoire américain de 1958). En cause : les nombreuses épidémies, les guerres, mais également, une faible natalité…

À tel point que ce sujet est même devenu une préoccupation majeure des empereurs.

Ainsi, on raconte qu’un jour, le prévoyant empereur Auguste aurait convoqué tous les nobles de Rome en son palais. Puis, il les sépara en 2 groupes : les mariés d’un côté et les célibataires de l’autre. Constatant que le groupe de célibataires dépassait largement celui des mariés, l’empereur sermonna publiquement les célibataires, puis félicita les hommes mariés, prenant en en exemple le général Germanicus, déjà père de 4 jeunes enfants à 24 ans.

Cet épisode – historique ou non – illustre les très nombreuses mesures qu’avait prises l’empereur pour relancer la natalité impériale. En effet, il allège, pour les hommes mariés, les contraintes liées à la domination paternelle. Il réprime durement l’adultère, limite la durée des fiançailles, et handicape les capacités testamentaires des célibataires. Il aurait même pensé à rendre le mariage obligatoire… Mais les résultats sont insuffisants. A commencer par les empereurs, dont l’absence fréquente de descendance contribuait aux nombreux changements de dirigeants. Ainsi de 3 empereurs successifs : Nerva, Trajan puis Hadrien, qui moururent vieux, mais sans enfant.

La chute de l’empire occidental ?

Aujourd’hui, pour mesurer la natalité, l’indicateur le plus utilisé est le nombre d’enfants par femme. Le « taux de renouvellement » de la population est fixé à 2,1 enfants par femme et, dans le monde, ce taux varie de 0,70 à Hong Kong à plus de 6 au Niger.

À l’époque moderne, la dénatalité d’Europe de l’Ouest aura connu 2 vagues : la première est la vague matérialiste post mai 68. C’est lors de cette vague que la France est passée sous le taux de renouvellement. Autre exemple flagrant : nos voisins allemands, qui passent de 2,5 enfant par femme, en 1966, à 1,45, dix ans plus tard.

Àl’issue de cette première vague de dénatalité, les fertilités des pays européens s’étaient stabilisées à des niveaux bas. La France faisant d’ailleurs office de bon élève grâce à un apport migratoire substantiel.

Mais depuis environ 5 ans, sous les coups de butoir d’une pensée écologiste ou féministe radicales, l’infertilité européenne connait une deuxième vague de ce tsunami mortifère :

  • Entre 2015 et 2023, la Finlande est passée de 1,65 enfants par femme à 1,23.
  • Les Pays-Bas de 1,66 à 1,43.
  • Et l’Espagne dégringole de 1,33 à 1,18…

Même la France, boostée aux hormones immigrés, est descendue à 1,69. À peu près aucun pays européen, sauf la Hongrie et ses mesures fiscales très énergiques, n’est parvenu à échapper à cette baisse généralisée…

L’exemple romain rappelle à quel point la dépopulation est un problème profond, qui n’offre que peu de prise pour le surmonter. La chute de la fertilité s’explique par des tendances lourdes et il n’est pas sûr que des mesures législatives ciblées suffisent pour inverser durablement la tendance.

En effet, des taux de fécondité si bas rendent très hypothétique un retournement général de situation. C’est pourquoi l’avenir semble malheureusement plutôt être à la natalité communautariste, à la sauce amish, alors que l’on observe par exemple une fécondité largement supérieure des Français se revendiquant religieux, musulmans comme catholiques.

Mais ne vous y trompez pas, c’est ainsi que chute une civilisation et que se dilue un peuple.

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