Une rentrée scolaire sous psychose d’État

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12 millions d’élèves reprennent donc le chemin de l’école. Interrogés à longueur de colonnes, beaucoup de parents se disent « affolés »: ainsi Vanessa, citée par Libération, les yeux « rivés sur les courbes épidémiologiques », se déclare scandalisée par la « faiblesse » du protocole de rentrée de Jean-Michel Blanquer.

À tel point qu’elle a décidé de scolariser ses enfants à domicile : « C’est difficile de les enlever de l’école publique que j’ai toujours défendue, mais l’école à distance est bien plus sécurisante et le suivi sera meilleur parce que l’an dernier, ma fille n’a pas fait la moitié du programme. »

Le Monde est vraiment cul par-dessus tête : on apprécie tout particulièrement l’hommage ici rendu à l’école à domicile, l’année même où le ministre Blanquer en restreint drastiquement l’exercice, après en avoir abusé lors des confinements.

Mais Vanessa peut se rassurer : en déplacement à Marseille, Emmanuel Macron vient tout juste de déclarer, à propos de la vaccination des moins de 12 ans : « Dès que les scientifiques disent qu’il faut l’ouvrir aux plus jeunes, on le fera. »

Rappelons, tout de même, que le taux de létalité pour la tranche d’âge des 0-19 ans est de 0,001 % et qu’elle représente 1,2 % des hospitalisations dues au Covid : pas sûr que le bénéfice de la vaccination soit en leur faveur ! Ce qui est certain, en revanche, c’est que la stratégie de la peur comme méthode de gouvernement, dénoncée notamment par Jean-Loup Bonnamy, a bien fonctionné dans la population, et l’on ne peut que le déplorer.

Audrey se situe de l’autre côté du miroir : c’est la vaccination obligatoire pour les plus petits qui l’inquiète, si elle est décrétée. Elle se confie à Libération : « Si ça arrive, on fera l’instruction à domicile. Ce qui m’inquiète, ce n’est pas le variant mais toute la psychose qu’il y a autour et qui rend mon fils de 5 ans très craintif. Dès qu’il tousse un peu, il se demande si ce n’est pas le Covid. » Un exemple d’inutile et terrible angoisse enfantine parmi tant d’autres, qui fait écho à ce que dit Christèle le Guen, présidente de la Société française de pédiatrie, interrogée par Marianne : « Ce virus n’est pas dangereux pour la santé des enfants… sinon pour sa santé mentale. En effet, ce ne sont pas des enfants avec des détresses respiratoires ou des états graves sur le plan infectieux qui ont rempli nos hopitaux mais plutôt ces centaines d’enfants hospitalisés pour tentative de suicide, idées noires ou symptômes dépressifs. »

Concrètement, les élèves non vaccinés du collège et du lycée seront évincés de cours pendant 7 jours s’ils sont cas contact. Pour Maître Valérie Piau, « on aboutit à une discrimination des adolescents par rapport à leur statut vaccinal. C’est une rupture d’égalité sur un service public obligatoire de 3 à 16 ans. […] La vaccination contre le Covid-19 reste facultative. »

Or, « sept jours de scolarité en moins pourraient être considérés comme une violation du droit à l’éducation […] et une éviction qui pourrait être considérée comme contraire à la Convention des droits de l’enfant. »

Enfin, l’avocat spécialiste du droit de l’Éducation rappelle, ce qui a été très peu dit, que la loi du 5 août a créé une dérogation à l’article 371-1 du Code civil, créant un droit personnel à la vaccination, « totalement novateur » : un adolescent de 16 ans peut se faire vacciner sans l’accord de ses parents (mais pas se faire tatouer !) et celui de douze ans n’a besoin que de l’accord d’un seul parent. Une source de stress supplémentaire pour l’enfant quand les parents ne sont pas d’accord…

Cet intéressant entretien de l’avocat publié dans Libération montre que, même juridiquement – on ne parlera pas de la validité sanitaire –, le protocole sanitaire de rentrée ne tient donc pas la route.

Et qu’il reproduit à l’échelle de nos enfants la fracture voulue par l’exécutif entre vaccinés et non-vaccinés.

Une fracture française qui vient s’ajouter à celles, sociale, géographique, identitaire et culturelle, que ce quinquennat s’est acharné à creuser.

Marie d’Armagnac in Boulevard Voltaire

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