Une terrifiante inflation !

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Inflation dans les supermarchés : faut-il vraiment s’attendre à un « mars rouge » ?

Les négociations annuelles entre distributeurs et fournisseurs prennent fin ce mardi 28 février 2023. Une nouvelle hausse des prix est attendue.

Semaine après semaine, la facture grimpe lorsque vous passez à la caisse de votre supermarché. À l’instar d’autres produits du quotidien, l’alimentation n’a pas échappé à l’inflation.

En janvier 2023, les prix de l’alimentaire (produits frais et autres) ont augmenté en moyenne de 13 % en un an selon l’Insee. La hausse des prix atteint même 15 % pour la viande et près de 20 % pour le lait, le fromage et les œufs.

Mais en mars, cela pourrait être encore pire. Des experts redoutent une inflation spectaculaire, jusqu’à parler d’un « mars rouge ». En cause : les négociations annuelles entre industriels et distributeurs qui prennent fin ce mardi 28 février 2023, à minuit. 

C’est une expression qui a fait le tour des plateaux télé. Olivier Dauvers, expert de la grande distribution, est celui qui a théorisé l’expression « mars rouge » en janvier dernier. « C’est un terme réducteur, mais je l’assume complètement », déclare-t-il.

Son but : alerter le consommateur sur les conséquences des négociations annuelles qui s’appliquent en mars et qui seront sans précédent sur les prix.

Chaque année, du 1er novembre au 28 février, les produits transformés des grandes marques nationales font l’objet de négociations entre fournisseurs et enseignes. À la suite de ces discussions, de nouveaux tarifs entrent en vigueur dans nos rayons.

Depuis la crise, les industriels ont vu leurs coûts de production (énergie, transports, salaires) augmenter. Et ces derniers vont vouloir répercuter le coût de ces hausses sur le prix de vente de leurs produits fabriqués. 

Selon les informations, les industriels auraient négocié une hausse de prix entre 7 et 8 %. 

À cela s’ajoute l’inflation des prix de l’alimentaire d’environ 2 % en janvier 2023 (Insee) que subit déjà le consommateur.

Ainsi, selon l’expert de la grande distribution, par rapport au prix que l’on connaît actuellement, on paierait nos produits de supermarchés 10 % plus cher.

Dominique Schelcher, président des enseignes Super U, avancait le même chiffre sur l’antenne de France Inter ce lundi 27 février 2023.

Grégory Caret, directeur de l’Observatoire de la consommation (ObSoCo) appelle à la vigilance. « J’ai du mal à penser qu’il y aura une répercussion aussi violente », argue-t-il. 

Pour le statisticien, même si le contexte inflationniste existe, la concurrence entre les marques est toujours d’actualité.

En augmentant de 10 % son prix, un fournisseur risque de perdre en parts de marché pour gagner en marge. Il y a un arbitrage à faire entre les deux.

Pour autant, Grégory Caret ne nie pas le probable « effet choc » qu’auront les négociations annuelles sur l’inflation alimentaire.

Si cette hausse est inévitable, il faudra attendre un peu avant de voir son impact dans nos chariots. En effet, que le consommateur se rassure : les nouveaux tarifs ne seront pas nécessairement en rayon dès le 1er mars.

Selon l’état des stocks, les commandes des enseignes et les délais de livraison, la répercussion des négociations annuelles ne se verront pas tout de suite. « On en verra les effets dans quatre à six semaines », présage l’expert de la grande distribution Olivier Dauvers. 

Ainsi, ne faudrait-il pas plutôt parler d’un « printemps rouge » ?

« Ce n’est pas que le mois de mars qui va être rouge », alerte Lionel Maugain, journaliste pouvoir d’achat pour 60 Millions de consommateurs, « En réalité, c’est jusqu’à l’été que cela va être dur », poursuit-il.

Un constat que confirme Grégory Caret de l’ObSoCo. Ce dernier imagine davantage que les hausses de prix issues des négociations annuelles devraient être lissées jusqu’à l’été.

Pour autant, l’expression « printemps rouge » n’est pas suffisante pour lui. Il est essentiel de prendre du recul sur le marché de la grande distribution.

S’il faut redouter un « effet négociations annuelles », il faut tout de même rappeler que les prix peuvent être révisés à n’importe quel moment de l’année. 

Depuis la loi EGalim 2, adoptée le 18 octobre 2021, la convention comporte en effet une clause de révision automatique des prix en fonction de la variation des coûts des matières premières agricoles (produits peu transformés).

Par ailleurs, les négociations ne concernent que les produits transformés. D’autres produits n’ont pas attendu pour répercuter les coûts de production en rayons. C’est le cas des marques distributeurs (imitations des produits de grandes marques, souvent à prix plus bas).

En janvier 2023, leurs prix ont augmenté de 18 %, contre 14 % pour les marques nationales sur un an selon l’ObSoCo.

Chaque mois, l’annonce est la même : les prix vont encore augmenter. Peut-on espérer, un jour, un retour à la normale ?

Encore faut-il définir ce qu’est la normale. « On peut s’attendre à ce que l’inflation baisse, mais cela ne ramènera pas les prix où ils étaient avant la crise. L’augmentation des salaires, c’est incompressible », estime Olivier Dauvers.

Le directeur de l’Observatoire de la consommation est sur la même ligne : « Il faut faire le deuil des tickets de caisse du début de l’année 2022 », alerte-t-il.

D’autant plus que cela va bientôt faire un an que l’inflation alimentaire est record. Les analyses statistiques se faisant annuellement, on va bientôt comparer l’évolution des prix par rapport à des mois où l’inflation était déjà élevée en 2022. 

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