Le triangle des échoppes

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Pessac, ou les millions disparus

Dans les triangle des Bermudes, au large de la Floride, les avions sont censés disparaître. Dans le Triangle des Echoppes, à Pessac, en banlieue de Bordeaux, ce sont 33 millions d’euro qui ont disparu. Des millions d’€ investis dans des infrastructures ferroviaires (25 millions pour 1,5km de voie unique et du matériel roulant dont machine mixte, diesel/électrique, pour 8 millions d’€). Encore une fois, le fait du Prince. Il s’agissait d’un grand investissement en faveur de Pessac, essentiellement fait par la région Aquitaine, présidée par Alain Rousset. Le Président de la région envisageait son retour à la mairie de Pessac et à la députation. Un investissement hautement rentable électoralement.

Depuis, du retour à Pessac d’Alain Rousset, on n’en parle plus, puisqu’Alain Rousset a réussi à se maintenir à la Région, et que sa place semble stable… Mais les contribuables payent ces errements électoralistes.

Pollution en plein centre ville.

Les pessacais qui habitent autour de la gare apprécient modérément les locomotives diesels qui attendent moteur tournant à quai. Il faut dire que ces machines sont en principe « mixtes », mais comme les caténaires sont hors d’âge, il n’est pas possible de se passer du diesel. Un élément du choix à coté duquel l’enquête d’utilité publique est passé. Dommage, parce que la pollution, le bruit et les vibrations sont au rendez-vous. Le train, cela pollue et pas qu’un peu. Demandez aux riverains.

Un échec commercial.

Pour réaliser cet aménagement et justifier l’arrivée d’un service de trains de Macau jusqu’à Pessac, il fallait une étude qui montre un gain important de passagers. C’est ce qu’avait fait la SNCF pour les collectivités locales. Les spécialistes ont annoncé un gain de 180000 voyageurs par an. Cet optimisme avait été contesté par des associations d’usagers, comme l’association « gare-Talence-Médoquine », accompagnée par Transcub. Elles sont allées jusqu’au tribunal. Mais en vain.

Le résultat est terrible. Les 12 trains quotidiens, aller et retour, affichent une moyenne de 80 voyageurs par jour! De zéro à 10 voyageur par train. De beaux trains avec des rames de 171 places. On imagine le coût de la personne transportée. Depuis la grève la fréquentation a encore diminué…

Suppression de la ligne Macau-Bordeaux.

Comment des responsables politiques ont pu imaginer que les habitants de Macau qui se rendaient quotidiennement à Bordeaux, allaient allonger leur parcours en passant par Pessac? Parce que pour assurer le succès de cet investissement, les trains directs qui amenaient les voyageurs à Bordeaux ont été supprimés. La ligne elle-même, du médoc vers Bordeaux, par la gare de Ravezie, avait été supprimée dès 2012. Les clients qui pouvaient accéder rapidement à Bordeaux par Ravezie ont abandonné le train. Au profit de la voiture, peut-être. Un comble pour un investissement aussi important dans du transport public !

L’utilité publique.

Ces grandes dépenses, on parle de dizaines de millions d’€, sont réalisées après des études, des enquêtes, des débats… comment un tel échec a-t-il été possible? L’Utilité Publique, encore une fois, n’a pas été recherchée, même si toutes les formes de la consultation l’ont été. Même les juges qui ont été saisis de recours, n’ont pas écouté les arguments de bon sens des associations et ont suivi les choix des politiques…

Les collectivités gaspillent sous la direction de roitelets locaux. C’est aussi à cause de ce fonctionnement que nous sommes écrasés d’impôts, et que la croissance et le plein emploi ne sont pas au rendez-vous.

Dernier pointage : hier, à l’heure de pointe, un train avec 8 voyageurs…

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